Le Tremlezeboo

Subalterne des enfers, éminence grise du pays de braise, le Tremelzeboo dirige par dénégation et indifférence absolue. Les rides et sillons de ses ailes lumineuses évoquent l’oubli de sa damnation. éraflant les regards de mille éclats de verre. Bandeaux et cornes de feu, du front du Tremelzeboo, annoncent la vigueur de ses impitoyables traitements. Par ce symbole de noblesse, cette couronne de cruauté, le haut valet au visage bouffi brille, jusque dans les arcs de ses sourcils aux menaçantes broussailles.

D’un gris bleu terne, l’œil perçant du Tremelzeboo révèle un abattement contagieux, une terne lassitude infectée de déprime. Car sa froideur accable, rend lâche, pousse à la négligence, jusqu’à l’abandon total. Et quand se dilatent les artères de son cœur, quand ses narines se gonflent d’une vile ferveur, le Tremelzeboo s’infatue, ingrat et fier. Oublis, étourderies, distractions, effacements et absences : ses inadvertances percent les consciences tel un gruyère.

De pertes de conscience en étourdissements confus, l’influence catastrophique du Tremelzeboo déclenche un délire aux accents mystiques. Le corps de gaz du Tremelzeboo, en un éthyle arc-en-ciel, purifie d’une distillation maléfique. De sa queue en tournesol jaillit l’hydromel de sa quintessence. Ce seigneur des terres sans mer, ce maître des pays de sécheresses et démiurge des boit-sans-soif offre ainsi une liqueur soi-disant salvatrice, offrande sacrificielle de son ministère.

« Malgré les convulsions, les spasmes et les étourdissements, malgré l’anxiété, l’insomnie et les sautes d’humeur, malgré les changements soudains de personnalité, les nausées, les troubles, les vomissements, les hallucinations et les tremblements, les derniers témoins de ma grandeur vénèrent jusqu’à mon ombre. Pour moi et chacun de mes disciples, sombres nous étions, sombres nous resterons.

D’inépuisables serviteurs tissent ma peau de leurs robes cafardeuses. Débordants de vie, leurs desseins se multiplient à l’infini en d’indescriptibles mouvements. Leurs dards et morsures instillent par leur venin mon indéfectible résolution :

De pourriture encore mes pensées se nourrissent! D’une infatigable obstination, je me gave encore de vos maladies, du nuisible, de l’inutile. Que mes messagers vous le rappellent : j’exige des sacrifices! Je ne tolérerai aucune rédemption. L’esprit fixe, ferme, résolu, jamais je ne changerai. Impossible d’oublier tourments et désespoirs d’antan. Mon dédain naît de ces désagréables souvenirs. Je me dresse désormais contre la nature même des choses, et en tout temps profanerai l’immuable Loi. Ma haine est immortelle, me volonté de vengeance, irrémédiable.

Dans l’insoumission je garderai la tête haute, avec courage et fierté. Ma gloire se parera de vos accusations. Et je ne demanderai aucune grâce. J’en mourrais plutôt. Mieux vaut souffrir… et régner!

Sous le triple office du plaisir, par la grandeur, l’originalité et la beauté, j’éteindrai ma faculté de penser! Enfin seule la force de mes pulsions me guidera. Ainsi Je créerai et détruirai, encore et encore, pour la grande sublimation.

Au nom de l’enfer sur terre, de la confusion et l’exil, que par nous s’établisse l’équilibre d’une justice immuable. Sinon, prohibez notre mal et, à votre tour, souffrez! »

Le Tremelzeboo

Dessins septembre octobre 2015

Depuis septembre 2012, je publie sur facebook dessins et réflexions. Un jour, (bientôt!) j’éditerai un livre avec tout ça… Je le promets solenellement! En attendant, voici quelques publications des derniers mois.

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Reconnaissez-vous cet endroit? Parfait pour un pic-nic d’automne…

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La lumière crépite, le ciel dense s’agite…
crinière de feu, exauce nos voeux
Vade retro Belzeboo
Métempsychose lupienne, ton sourire publicide les flagelle
et ça se terminemal
HYPOMANIAX !!!

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Preta no. 4 : souviens-toi …

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Cette personne hante le parvis de l’église du centre-ville de Québec. Si vous y passez, portez attention …

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L’arbre d’or…
Sur son promontoire, cet arbre scintillait tel un astre lumineux. Je le contemplerais des heures durant, le dessinant avec admiration. Plus tard m’en rapprochant, je découvrais l’origine de sa nature exceptionnelle : à même un rocher – contre toute probabilité – le végétal s’était enraciné hors terre, solitaire mais désormais indélogeable de sa presqu’île.

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Aujourd’hui : ciel nuageux avec éclaircis. En pleine moyenne de saison, on prévoie quelques précipitations. Maximum 15°.

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Implosions d’erreurs…
Croyant que jamais je n’en sortirais…

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Paysage d’une ville végétale.

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Lavez vos mains après visualisation… Serpent de fumée… version noir et blanc; Interdits, inadmissibles, on les dits nuisibles quand impassibles naviguent-ils indestructibles dans l’indicible.

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De ma queue de bulles et mon corps velu
une part de mon esprit s’affirme en raz-de-marée et flammes
traits et traces de ma dernière face.

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Hommage aux névroses passagères…
« des détails peu sérieux se transforment en montagnes d’une importance planétaire… Les perceptions s’en distordent, les faits s’en déforment, les égratignures se grattent jusqu’en blessures béantes… »
Ça te concerne? ça nous concerne tous!

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Parleriez-vous dans mon dos? Allez-y! parlez! Un jour ou l’autre je saurai!…

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Le grand laisse sa place au petit. C’est dans son anatomie.
Pratique au bois en sursaturation…

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Frêle crieur de bois…
« Un sombre feu jaillit de ce bec! Devrais-je me taire?….
IMPOSSIBLE! Mon œil brille, unique, tel un soleil!

Le Katagno

K-gnoChaque individu, unique, se distingue par ses actions. En interaction avec son univers, ses réalités, ses illusions, la personne s’ajuste à son environnement, le questionne, lui répond. D’aventures en expérimentations, des volontés s’affirment. Par le filtre de ses sens, son éducation et sa pensée, se percevront des cadres – les frontières d’une réalité – avec libertés et interdits.

En parallèle, mythes modernes et anciens, contes et légendes enseignent aussi leurs leçons, levant le coin d’un voile sur d’indicibles mystères. Depuis les annales de l’imagination, divertissements, demi-vérités, distorsions et exagérations, se déploient. En ces mondes de l’impossible, d’étranges vautours planent, rats et serpents s’entre-dévorent, des licornes périssent, proies faciles et braconniers foisonnent. Sous le couvert de l’image, on se raconte, se transforme, se dirige, se décide. Pendant ce temps, on se loge, on se nourrit, on gagne sa vie… et s’oublient ces récits. Entre apprentissages, souvenirs et expériences, chacun mène sa lutte, entre rêves et dépotoirs et résultats et cimetières.

« Aime ton prochain. Contribue à l’ordre du monde. Aspire au meilleur. Travaille. Fixe-toi des objectifs, réussis. Toi seul est responsable de ton bonheur. »

« De calme, de repos, de paix, je rêve… et encore, d’une plaie béante et inguérissable je souffre. Engourdi de douleur, je hais : le monde, ses gens, la vie elle-même. Autour de moi, maintes lois du silence sanctionnent mes sanglots, mes cris, mes pleurs. En fait, de toutes mes pores je saigne. Ça m’affaiblit, je m’abats. Plus vulnérable que jamais, combien d’aiguillons tentateurs se brandissent vers moi? Et chaque fois je succombe. Coupable, je m’abandonne. Vas-tu aussi me rejeter? »

À quel point désirais-je m’adapter pour gagner attentions et affections? L’ordre en place me défie. Jusqu’en esprit, bandes et couples se forment. Entre insultes et compliments, avide de fusion, mon corps, à chaque instant, s’étiole. Qui pourrais-je convaincre ou séduire?

D’acceptations en refus, de compromis en concessions, j’évolue, me déconnecte. Chacun pour soi! Convaincu de ma médiocrité, dans la séparation, la division et la honte, je m’exclue. Pourquoi me battrais pour l’amour du monde? De doutes en recherches inutiles, de perversions en vices, des volontés autres me dirigent. Voyez-vous cet énorme creux au centre de mon visage? Par ces blessures, mille roses – ces spirales de mes écarts – jaillissent en peurs, tendres couleurs de mes malheurs. En dépit de votre admiration, me reprocherez-vous ces replis de ma beauté écarlate?

« Lâche, je m’écœure. Je n’en peux plus d’échouer, de donner de moi sans recevoir, de rien ni personne. J’en abimerais mon corps. Mes efforts, par accumulation et répétition, ne parviennent qu’à m’éreinter : ma dernière peau se fane. J’abandonne l’idée d’un futur heureux, d’un accomplissement sain, de succès et d’épanouissement. Parviendrai-je à grandir, à trouver quelque rayonnement, une beauté, un sens à cette destinée? Peut-être, peut-être, peut-être… Dans la solitude, entre vieillesse et inertie, jeunesse et énergie, je m’endurcis… »

« Leurs vains conseils me torturent. »

« Ma souffrance m’isole. Qui voudra de moi, si toujours, pour mille et une raisons, je me revois jugé, étiquetté puis rejeté? Mes horreurs, mon odeur, vous détournent de mon corps… malgré ma sympathie, ma sensibilité, mon regard véhément. Suis-je si déplaisant?

Et toi qui m’entends…

…si dans le silence tu vois mon regard briller, puisses-tu goûter cette saveur sans nom, mon inaltérable et primordiale force. Insaisissable, cette absorption nous unira : en un seul corps, invisible, nous nous confondrons. En nous se cimentera l’évidence, le grand OUI qu’en permanence nous nous dirons, en dépit de nos protections et nos luttes.

Ainsi j’aime, malgré la solitude, les outrage et les manques. Or toujours je n’agis que pour moi… et mes multiples personnalités. Encore je me bâtis de nouvelles vies, de multiples rôles. Et j’en souris. Sans retenue s’extériorisent mes joies, ma liberté retrouvée. Ces simples humains, de par leur nature, répareront mes brisures. Car à chacun d’eux, à tout moment en tous lieux, je m’unirai. »

Le petit ensemble ; logo

Je suis dessinateur de scène pour le groupe d’improvisation musicale Le petit ensemble.
Vivement le prochain show! Voici le logo que je réalisais cet été pour la formation.

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Alienectricity

Au delà des ciels, du soleil et des étoiles, un magistrat gère l’Univers. Libres du temps, de l’espace, des plans et des dimensions, ces esprits sans chair gèrent les consciences, les dirigent d’un monde à un autre. À l’écart d’un ailleurs impénétrable, pierres immobiles, végétaux foisonnants et êtres remuants émergent donc sur terre d’un même souffle.

En quarantaine des grands courants intersidéraux, les peuplades humaines cultivent habiletés et savoirs. La compréhension progressive des forces élémentaires à leur monde, dont celle de l’électromagnétique, inspirent maintes idées et innovations, de la découverte du feu aux dernières avancées technologiques.

Depuis les terres de l’imaginaire, créations et découvertes enflamment les consciences à l’affût. Par la concrétisation des idées, les réalités se succèdent. Au delà de l’espace-temps, êtres stellaires et émissaires du grand magistrat naviguent entre les frontières du matériel, nous interpellent, provoquant sur terre la transmutation des entités. Les uns s’en élèvent, d’autres s’enfoncent. Rebâtissons-nous le monde que nous nous élevons vers les cieux de nos ambitions, entre nos rêves, désirs et cauchemars.

Or l’un des pires scénarios se concrétise pour la planète. Là où l’on se torture par obligeance, où l’on s’entiche de vaines possessions, où l’on s’écrase d’illusions factices, où maladies et souffrances décuplent en nombre et en intensité, les espèces disparaissent. Les milieux de vie se corrompent. Les idées s’amenuisent. Les intuitions s’épuisent. les consciences s’éclipsent. Les émotions s’éteignent. Des bruits courent, un nombre grandissant de gens le perçoivent, de mille et une façon. Sur terre, une guerre invisible s’éternise…

…et s’institue un nouvel enfer. À mesure que bétons et autoroutes tapissent les terres, qu’îles de plastique et nappes d’huiles envahissent les mers, que les forêts s’épuisent, que l’eau disparaît, que la terre s’échauffe… s’édifient les conditions d’un environnement néfaste à toute forme de vie. En des déserts de plus en plus vastes s’érigent les pandémoniums par centaines, où individus n’expérimenteront plus que tortures, supplices et douleurs.

D’urgence, invoque-t-on pour la planète bleue un avènement sans précédent : par le canal d’une lumière à ce jour réservée aux éclairs, par milliers des inspirateurs d’outre-monde y surgissent.

Ces représentants intersidéraux choisissaient naguère, en concordance avec les diverses conditions et environnements de leur planète d’accueil, leurs naissances et missions spécifiques.

Des foudres d’émotions dénudent de son camouflage humain l’Alienectricity, individu missionnaire d’une engeance de plus en plus visible sur terre. En venant jusqu’ici, l’entité prenait un grand risque : se perdre à jamais dans le carbone et l’oxydation.

« En torrents mes nerfs éclatent! De mes tempes une fenêtre s’ouvre… Voyez-vous cette crevasse en mon front? Un court-circuit, une disjonction permanente, la creuse.

Dans la confusion je me débattais; aux prises avec moi-même, je me croyais coupable de tous les maux. D’une colère solitaire je disparaissais dans mes zones les plus sombres, j’agonisais. Réactions en chaîne : les enfers s’écroulaient en moi, précipitaient ma confusion, mes déficiences. À mon insu, afin de neutraliser mes actions, on m’instillait de funestes poisons, on m’anesthésiait.

Par secrets, mensonges et manipulations, on m’emmurait en une cage translucide. Dans le tourment de cet emprisonnement, je remuerais, me secouerais, m’ameuterais dans l’affolement. Mais on se jouait de ma personne. Tel un rat de laboratoire, on étudiait chacun de mes gestes, actions et pensées. Pour les imiter, à loisir.

D’un mépris indéfectible, résolu, d’une méchanceté pure, s’emparait-on – à l’insu de tous – de mon existence. Par jalousie et dépit, par une indicible tristesse et une peur sans nom me scierai-t-on jambes, bras, tête et gorge et même…

Stérilisation.

Vous, envoyés des cabales obscures, contrecarriez ma destinée, désamorciez mes actes, ridiculisiez jusqu’à l’influence de ma présence. Mutilé, pourfendu, occis, vous me divisiez, me pourfendiez. Choix médiocres, erreurs, errances, affiliations déplorables, amitiés fatales, découlent de vos persécutions à répétition. Par miracle encore en vie, votre humble martyr en paierait le gros prix : misère, humiliations, isolement, ostracisation, paralysie et autres torpeurs.

En mes blessures béantes s’inscrivent votre mal, votre avidité, vos manques. Que l’énergie de ce court-circuit, mon trop-plein d’électricité, vous nourrisse! Que de mon sourire survolté s’échappe vos tourments, ces incessantes frayeurs… Maintenant que je vous reconnais, je saurai vous affronter.

Ainsi je me dégage de votre emprise, pose des questions, veut des précisions – toujours plus de précisions – cherche à atteindre votre jalouse perfection. Je m’agite, confronte, assène des coups, en reçoit, ravale, me relève! Un faux-amour m’intoxiquait et noircissait mon sang, mes veines, mon cœur, mon esprit. Mais je ne réagis plus, j’explose.

Harcèlements inexplicables, comportements hors-normes, gestes d’abandon, rejets et repoussements, insultes sans cessations s’intégreront à mes ombres. Voyez-les prendre vie! Et ça ne fait que commencer.

Aujourd’hui je ressuscite, non sans heurts. De cette surcharge, mes blessures guérissent. Rendons les armes. Par cette énergie nouvelle – l’électricité – devenons, ensemble, immortels. »

Alienectricity..

Dessins 2015

Publication des derniers mois sur ma page facebook.

Preta no. 3 : des entités par milliards… n’attendent qu’un geste pour naître.
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Sur la route escarpée de la chance, cet arbre annonçait un possible répit. Or, derrière ses feuilles le majestueux végétal dissimulait un étonnant virage. La pente s’accentue mais allons-y! Poursuivons l’excursion!
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Dans le ciel variable de vos rêves, un œil vous regarde…
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Sous les sentiers de brume et les herbes hautes, j’atteindrai un sommet. Qu’est-ce qu’il y a là-bas? un château, une cité ou un autre enfer? Pour sûr, je ne peux plus reculer.
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Parmi les meilleures thèses conspirationnistes, retenez celle des chemtrails : dépôts de gaz et matières chimiques dans le ciel pour influencer les conditions climatiques… avec immondices au carbone et autres vestiges de raffineries, voilà tout un tableau! Dessin réalisé avec crayons en fin de vie avec éraflures de stylo effaçable pour le ciel…
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Le Styx après l’enfer…
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Preta no. 2; ces êtres existent vraiment. Peut-être ne ressemblent-ils pas à ce dessin mais, je vous le dis, ça existe! Caractéristiques communes aux pretas : ventre énorme, membres chétifs, petit petit cou, bouche minuscule s’ouvrant à la dimension de nos lèvres sifflantes, grands yeux (plus grands que la panse!), mains molles, pieds fuyants.
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Voici un Preta, créature pas si fictive que ça, issue de la mystique tibétaine; en français nous les appellerions : fantômes affamés. Jamais les pretas ne se repaissent. Encore et encore avides d’obtenir plus, de consommer plus, même dans l’abondance la plus absolue, considérons-les avec philosophie. Leur comportement nous concerne tous! Alors mangez, buvez, obtenez mais, surtout, savourez sans gêne.
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Paysage d’un sabotage printanier…
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Laissez-moi vous montrer MON COEUR!
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Drôle d’oiseau…
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I got the ALIENECTRICITY!!!

Alienectricity..

Le Jokkochov

Seuls nous naîtrons, seuls nous mourrons. Or dès mes premiers moments, l’Autre s’imposera à moi. Avec l’Autre j’apprendrai, parlerai, jouirai des caresses du soleil et du vent, apprivoiserai les beautés du monde, sa nature, ses êtres vivants. D’acquisitions en apprentissages, j’acquerrai connaissances, trésors et secrets. De ces premières interactions surgiront mes premiers souvenirs. Dans la confidence de mes premières relations, je contracterai même mes premières unions.

De leur côté, parents et adultes, forts de leurs expériences, mœurs, valeurs et principes m’élèveront de rampant à marcheur, de crieur à orateur. On se chargera de ma protection, de mon éducation. Dans ces enseignements, on m’assignera consignes et règlements. Bien au delà de mes appréhensions, de ma compréhension, on influencera mes prises de décision, mes désirs, mes goûts, mes affections.

Sous peu me désignera-t-on qui et quoi, parmi étrangers, choses et phénomènes, me conduiraient au santé, au bonheur, à la sérénité. Permissions, règlements, interdictions. je suivrai ou éviterai.

D’instructions en initiations, d’expériences en apprentissages, chaque événement m’affectera. De branches en brindilles, le nid de mon caractère s’élaborera. De modifications en ajustements, les murs de ma conscience se solidifieront. Instincts et intuitions se cristalliseront. Événements et expériences m’en convaincront : faits et perceptions s’imposeront à moi en millions de fragments. De plus en plus opaques, les solides remparts de mon intellect ne reflèteront bientôt plus que demi-vérités et faux-semblants, mensonges et simulacres. tortures et servilités.

D’inspirations en influences, d’amours impartageables en aventures superficielles, d’attachements superflus en inimaginables angoisses, de compagnons de fortune en ennemis cachés, on m’instruira de savantes procédures. D’une magie interdite, experts et sorcières embrumeront mes lunettes mentales. Sans le vouloir m’instillera-t-on doutes et questionnements. À mon insu j’éprouverai leurs agissements.

La réalité me jouera des tours. Je n’arriverai plus à me fier à qui ou quoi que ce soit. Plus rien de ce que je sais ne me guidera vers quelque vérité que ce soit. Je m’isolerai, m’enfermerai, me cacherai de tout et de tous. Mais, comme l’humain ne peut vivre seul, la solitude bientôt m’accaparera. Par un étrange conditionnement, impressions d’absence et sentiment d’abandons me hanteront. Trop souvent l’Autre me manquera.

Dans une profonde confusion, je ne saurai quelle attitude adopter, je ne saurai déceler l’amour de la haine ni la tromperie de l’assistance. J’accumulerai objets et livres, divertissements et passe-temps, qui tous s’avéreront futiles ou inutiles. Le joyau noir de mes vérités acquises s’enchâssera en une couronne de dépit, d’incertitude, de peur et d’envie. Roi inapprochable d’un marécageux royaume, je ne dirigerai que l’alvéole de ma chrysalide.

À tout prix je chercherai à me libérer de cet enfer. Avalant mon espace dans son intégralité, je m’asphyxierai. Par délires et missions imaginaires, sous l’influence d’ombres et rêves qu’on ne saurait voir, je fuirai.

Pour toujours je quitterai cette terre inhospitalière et m’envolerai. Dans le lit nuageux de mes songes je me libèrerai.

Du coup plus personne ne comprendra ce que je dis, ce que j’écris, ce que je vis.
De ces fumées sous mes ailes je léviterai, flotterai sur les globules et le sang de l’éther ambiant.
Derrière mes mots, mon vol ne se suivra qu’en pensées. Sans attache à quelque terre que ce soit, plus personne n’osera me rejoindre ou me rattraper.

« Dès que le vent soufflera, je repartira, dès que les vents tourneront nous nous en alleront. »

Peut-être je m’écraserai.

Et à ceux qui un instant tenteront de me ramener, je leur dirai : « ne m’en veux pas de voler si loin de toi. je ne désire que me libérer, peut-être atterrir à quelque part, ailleurs… En tous les cas, souhaitons-nous paix, repos et tranquillité. »

Voir trop d’un coup équivaut à ne rien voir du tout. Ma fuite s’est avérée plus longue que prévue. Aujourd’hui je ne dors plus. Mon cœur trop attisé s’en ressent.

À elles seules les idées me suffiraient… de l’imaginaire où s’exposent autant poussières d’univers que vers de terres, mes facultés, et aptitudes roulent d’un mécanisme effréné, incontrôlable.

J’observe ma respiration. Constate ma vitalité : rejette les accumulations . En moi circulent explosions de noirceurs, mes anciennes « vérités » et arc-en-ciels de bonheurs. Assailli de tous côtés, l’épuisement mental me guette. Or de l’univers je récupère sans même dormir. Je navigue par énergies décelées, canalisées.
Je récolte ce dont j’ai besoin pour perdurer…
Tout est là, à portée d’aile, s’agit de les tendre.

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Le Jokochov

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Parmi les faux-vrais, de vrais-faux entretenaient les tisons.
Oui. je brûlai gelé.

Plan de cours : Daemondala, arts, esprits, et créativité

Les effigies de la folie

De mes récentes aventures créatives et artistiques, je me dois de partager connaissances et expériences. Ça devient nécessaire voire urgent. Voilà donc que je commence à donner des cours en suivant ce plan. À suivre…

Objectifs du cours :

  • Initier aux rudiments de la pratique artistique;
  • Stimuler l’inventivité et l’imagination visuelle des participants;
  • Déverrouiller leur potentiel créatif;
  • Favoriser l’adoption d’une démarche artistique personnelle;
  • Offrir un cadre d’accompagnement soutenant un processus créatif complet.

Chaque cours comprend deux parties : une théorique, une pratique.
Tous dans le groupe apprendront la même base théorique.
En pratique, chaque individu suivra un cheminement personnel, selon ses goûts, moyens et volontés.

Partie 1

0. Présentation du cours

  • Description des objectifs, présentation et projection de la production artistique de l’animateur
  • Discussion et échange : expériences des participants

1. Réalisation d’un mandala personnel
Introduction : projection d’exemples de mandalas

  • Analyse des mandalas
  • Échange et inspiration en groupe sur les œuvres.
  • Réalisation d’un mandala « rapide ».

2. Dessins abstraits – création de « doodles » (beaux gribouillis)

  • Caractéristiques : croquis rapides, quantité plutôt que qualité
  • Exploration de techniques au crayon (rapide, lent, coups, cercles, etc)
  • nombre de « Doodles » : une vingtaine par participant

3. Production d’un canevas de travail
Symétries et réflexions:
A – Photocopies, colle et papier calque

B – Numérisation et logiciel de traitement d’image : Gimp vs Photoshop

C – Déformations et impressions de grilles-canevas (on triche!)

Choix d’un « Doodle »

4. Dessin dans le canevas
À cette étape, on dessine avec le canevas du cours précédent.
Cette activité se poursuivra au cours des prochaines semaines, en parallèle avec les ateliers théoriques des étapes subséquentes.

5. Ateliers théoriques

Partie 1 – Langage symbolique, signes iconiques
A. Mythologies
Dieux, cosmologies, êtres imaginaires, peuples et cultures.
Dieux actuels : idoles, personnages et célébrités.

B. Imagerie moderne : Courts métrages et extraits de documentaires
Surréalisme, films expérimentaux et discussion sur les projections
Ex. : Yellow submarine, projection de mantras en images, films de l’ONF
C. La paranoïa critique de Dali
D. Image, réalité et perception

Activité formatrice:
Recherche de symboles dans les œuvres
transformation de taches en dessins

C. Histoire de l’Art
Recherche et sélection d’images
Banques d’images
Montage d’un Scrapbook avec images préférées (optionnel)

Partie 2 – Langage visuel, signes plastiques

  • A. Langage visuel : couleurs, textures, formes
  • B. Composition d’images : harmonie, rythme et contraste
  • C. Organisation bi-dimensionnel : Abstrait vs concret, simple vs complexe, emphase sur un élément, unité et variété
  • D. Atelier : Recherche d’Exemples
    • Choix d’un élément visuel
    • Recherche en bibliothèque : journaux, magazines, livres

Partie 3 : Les différents médiums artistiques et leurs possibilités :

1 – Revue des médiums (au choix des élèves)

  • A – feutre, plomb, peinture,collage, aquarelle, pastels.
  • B – papiers et supports

Atelier : Essais de médiums et papiers (au choix ; faites dont ce que vous voulez!)

Partie 4 : La créativité (initiation) :
À ce stade, la participant finalise ou termine son œuvre.

  • Le processus créatif
    Le hasard et l’effort, l’importance de l’erreur, remises en question, sortir du cadre, l’incertitude, directions possibles, prises de risques, exemples
  • De la vision à la réalisation de l’œuvre, témoignage des participants. Discussion de groupe sur l’événement créatif : la complétion de l’œuvre. Surprises, directions, réalisations : Implication dans le travail. satisfaction ou non du résulta, situations inattendues.
  • Cours final – Présentation de l’œuvre personnelle du participant au groupe: exposé oral succinct (de 1 à 5 minutes)

Deuxième session

Objectifs du cours
Apprentissage et maîtrise des logiciels d’infographie
Expérience créative: individuelle, en équipe, avec le groupe
Préparation d’une exposition collective.
Encore une fois, la réalisation de l’œuvre se poursuivra au long des semaines, en parallèle avec les démonstrations théoriques proposées.

1 – Photoshop
Le logiciel Photoshop :
Histoire et importance sociale
Survol de la suite Adobe
Barres d’outils, fenêtres et menus

Principe d’utilisation :
Définir un objectif de départ : ajustements, nettoyage, coloriage, ajouts ou retraits, déformations, stylisation, extraction de texture, conception d’une brosse, d’un pattern, d’un dégradé.
Déterminer les tâches et l’ordre pour les accomplir.
Chacune se résous de plusieurs façons.
Paresse productive : le moyen le plus facile est le meilleur.
À chaque étape on sait ce qu’on fait. L’historique n’est pas infini.

Exercice: compléter un canevas de dessin avec Photoshop :
Réflexions et symétries, couches, contrastes noirs et blanc, niveaux, retraits ou emploi de couleurs

2. Langage visuel
Recherches, réflexion et planification
A. Recherches; Couleurs, forme, textures
B. Composition : alignements, répétitions, accompagnements et décorations
C. Dynamiques et relations picturales (avec schémas)

3. Retour sur la créativité :
Discussions de groupe et échanges
… à propos processus créatif, de la résolution de problèmes, des écueils, blocages, trouvailles (Euraka), des remises en question, incertitudes, inspirations.

Références et exercices :

  • Roger Van Den Oeche : Verrous de la créativité
  • Exercice « brainstorming » : le hasard et l’effort, le droit à l’erreur, sortir du cadre, choix, voir ailleurs, pauses
  • Le risque, l’intuition
  • Les contraintes, la production
  • Sources d’inspirations extérieures : auteurs, artistes, cinéastes, la psychologie, la gestalt, le comportement des plantes et des animaux, le grand ordre cosmique, etc.

4. Histoires des Arts Visionnaires: de Hyeronimus Bosch à Alex Grey

  • L’imagerie moderne; initiation, histoire, enjeux actuels
  • Philosophie des courants visionnaires : surréalisme, fantastique, science-fiction, cinéma, art sacré, art numérique, jeux vidéos, bande-dessinée
  • Projection et exposé : Principaux artistes visionnaires passés et contemporains, regroupements d’artistes actuels, artistes locaux et internationaux.


5. Allers-retours

  • Le mythe du chef d’œuvre et de l’échec.
  • La reprise d’un ancien travail.
  • Pauses dans le processus: nécessité, bénéfices, problèmes
  • Papier vs ordinateur
  • Versions et historique (Photoshop)

6. Les impressions :

  • Le fichier pdf
  • Formats d’impression, les types de cartons, l’encadrement
  • Les supports et objets : t-shirt, boîte de cellulaire, tasses, etc.
    Zine, cahier, livre (survol) : mise en page, révision linguistique, soumission/épreuve

7. Activité finale : présentation d’une exposition collective
À la fin, les participants organisent une expositions collective.

Activités : Choix du l’endroit, du temps, dates butoirs, invitations
Recherche de commanditaires, campagne(s) de financement
Présentation et supports : cadres, cartons, toiles, murs et espaces du lieu d’exposition.
Étiquettes et fiches d’identité : bios des artiste et présentation de son/ses œuvres.
Outils publicitaires : médias sociaux, affiche, marketing de(s) l’artiste (s)
(Comment accroître sa valeur : cours 3?)

Le Sampridivickh

En ce monde de souffrance, une guerre fait rage.

Des circonstances l’aggravent : plus aucune règle ne l’encadre. Dans la mêlée générale, sans coups ni heurt, on nous attaque! Depuis l’imperceptible monde des idées, une bête géante infeste nos esprits : confusion, passions et perversions rythment nos désirs. Porcs nous sommes! Sédentaires, domestiques, nous nous goinfrons les gueules béantes. Les rêves d’abondance et de prospérité nous engraissent, nous organisent. De jour comme de nuit courrons-nous toujours plus vite, en dépit de la dangereuse puanteur de nos souillures. Suivant des lois en apparence immuables, nous nous émoussons les sens à force de les satisfaire. Asservis de l’élevage à l’abattoir, bien nourris nous nous reproduisons, dans l’ignorance et le déni.

Le conflit s’intériorise où s’érigent des vallées de murs où machineries et enclos oppressent les peuplades désormais aveugles et cyniques. Ne se perçoivent plus qu’ombres floues et cristaux liquides. En cette lutte pour gagner cœurs et esprits, à la fois les pouvoirs se concentrent et les forces se dispersent. Les désirs s’affirment mais les volontés fléchissent. Les lois s’endurcissent quoique les mœurs se dérèglent. Le savoir se raréfie, pourtant les connaissances se multiplient.

En tant que gardiens des mentalités, professionnels de l’esprit et du divertissement répriment les hérésies, asservissent les insoumis, contrôlent rebelles et insurgés. Des stratégies s’appliquent. On dissuade, persuade, séduit, inspire sentiments, pensées, comportements. Une bureaucratie omniprésente gère et normalise les masses, les déshumanise, de procédés informatiques en contrôles sécuritaires.

Dans une collective détresse, mutants et surhommes rêvent… de bonheur, de liberté, de pouvoir, d’argent. Victimes des modes sur-tatoués, barbus sur-dimensionnés et autres sur-humains aux oreilles élastiques côtoient ex-soldats virtuoses, guérilleros de la rue et buveurs gargantuesques. Par leurs blessures trop visibles ces souffre-douleurs serviront de bouc-émissaires aux agressions du système.

Le Sampridivickh s’en réchappe à peine :

« Mes yeux s’effacent, ma peau se déplace, j’en perds la face. Heureusement, le ridicule ne tue pas : je brille d’innombrables couleurs.

Par bonheur j’arrive encore à m’exprimer. Par le magnétisme sonique de mes cheveux en soie de porc se transmettent d’importants messages. Et dans le silence, à tous azimuts se prononcent les mots éclair…

On m’injurie, me dénigre, me calomnie : je provoquerais malheur, maladie et mort. Sacrificateur de porcs, mes adversaires me désignent en traître. Mis en quarantaine depuis des siècles, je maudis mon éternelle nuit. Proscrit, aujourd’hui, le moindre signe de vie me réconforte. Mon corps en flamboie de noirceur. Tel une éclipse, lumières et couleurs jaillissent de mes rides et lésions. Et mon sourire brille de mille feux. Mon regard réflète la lune. Je porte le venin des serpents mystiques. J’en immobilise mes rares interlocuteurs. D’une force d’intellect sans égale, je défends jalousement un savoir intemporel, difficilement obtenu, d’indéniables pouvoirs.

Je déclare vouloir continuer de me battre, avec mes propres armes.
Et lorsque je franchirai le pont céleste, les traces de mes combats rappelleront mon sacrifice…
jusque dans les ruines de nos civilisations déchues. »

Vampridisikh

Le Vampridisikh

Vampridisikh

« Mes affaires vont bien?
Elles se mènent tels des combats qui sans exception me laissent blessures et cicatrices. Mes yeux s’en effacent, ma peau se déplace, j’en perds la face. Heureusement, le ridicule ne tue pas : je brille d’innombrables couleurs.»
Mesdames et messieurs, le Vampridisikh!

L’Hergrail

Notre séjour en ce bas-monde se marque d’assistance mutuelle, de réciprocité, d’interdépendance, de solidarité. Chacune de nos destinées interpelle le Prochain, l’Autre, collègue involontaire de la communauté humaine et présence immuable en nos existences. Or nous voici depuis peu ordonnant, catégorisant, étiquetant, fragmentant sans trêve choses et êtres, âges et règnes. En autant de compartiments s’inventorient-on les uns les autres en rangées bien ordonnées et d’interminables répertoires. Détenteurs du Savoir, de la Logique et du Verbe, nous mammifères bipèdes nous éblouissons de nos propres lumières, envoûtés par les faisceaux d’une conscience soi-disant « supérieure ».

Pour s’organiser, systèmes, sociétés et civilisations humaines admettent mal l’exception. Normes et conformités définissent et regroupent les individus, délimitent leurs appartenances, positionnent les différents. L’inconnu, cet ennemi concurrent compétiteur, veille. La loi de la moyenne prime, du normal au banal, de l’ordinaire au planifié, du gérable au quantifiable.

Hors de toute absurdité, comment insère-t-on chaque exemplaire humain dans une catégorie ou une autre?

D’abord catégoriserons-nous les objets à ordonner. Étiquettes et mentions s’apposeront en fonction de caractéristiques précises ou non. Inventions et fragments de réalités définiront les cas, les taillant au passage s’il le faut, selon des modèles donnés. Enfin acheminerons-nous la ressource vers une affectation propre, l’incorporant en vue d’un usage particulier. Mais qu’advient-il des spécimens ne s’imbriquant en aucune des cases définies?

Anomalies, disparité, dissemblances mèneront au Grand Débarras. Une section « divers » tiendra lieu de purgatoire, une seconde chance en somme. Peut-être récupérerons-nous un jour ces amas de chair sans valeur. Mais voilà que déjà on les assassine, les rapièce, les tords, les entasse, les empaquètent… à leur insu. Chaque être, animal, humain, végétal, d’une façon ou d’une autre, se contraindra à cet ordre des choses.

Combien sans le savoir souffrent de cette soumission sans nom? Combien crieront d’envies confuses et d’injustices à leurs yeux inconcevables? Jugeurs méprisants, niais arrogants et bonzes condescendants s’entredévoreront, s’appliquant les uns les autres principes et conventions depuis toujours archaïques. Malheureux martyrs d’un cirque qui s’ignore.

Victimes autant qu’agresseurs se puniront les uns les autres, se pointeront du doigt, s’accuseront de tous les méfaits. Par autant de vaines tentatives, tous prétendront s’exclure du misérable Colisée et ses grillages. Allègres souffre-douleurs et bouc-émissaires s’éloigneront indifférents des « inhumains ». Forts de leur aversion envers les inclassables, êtres-rebuts et autres aspérités du vivant.

« Moi L’Hergrail gémirai au nom des exclus, irréguliers, erratiques et autres irrécupérables. Je me ferai masque pour ceux qu’on n’ose plus regarder en face. En amont de leurs hontes, leurs gênes et leurs peurs, je les protégerai des regards mécréants. En dépit des ignorances, je scanderai le cris des souffrants insoumis. Tous les profiteurs de la division, pontifes de structures en ruines et sommités de sciences mortes souhaiteront que je disparaisse ou m’annihile et que plus jamais je ne dérange leurs saines et sordides existences.

Combien de ces notables personnes aujourd’hui engraissent béats et jubilants, ne percevant que par l’étroite ouverture de leurs préjugés? Sportifs ivres de salons, joueurs virtuels prisonniers d’obsessions, couples consommateurs procréateurs inconscients, inactifs gens d’opinions, ignorants fiers et conformistes… nous voilà les victimes responsables d’une société mourante et avilie, défricheurs étourdis d’un futur désert , où seuls les oasis desséchés évoqueront les inassouvissables soifs d’antan.

Ainsi bafouons tout! Pour nos passions sans raison, perdons le Nord! Éloignons-nous du prochain jour! Car demain encore l’ignorance primera. Demain encore oppresseurs et geôliers patrouilleront les carrefours. Demain encore leurs mains de fer n’indiqueront qu’une seule route, que nous devrons suivre sans détour possible. Salut à Toi le rejeté, le diffamé, l’expulsé, maudit, le réprouvé, le condamné, le dépravé, le détraqué. Nous nous retrouverons. »

Grillhoma

Chimpotork version 2…

Depuis 1 an je tergiverse en maintes expérimentations dont les succès (publics et artistiques) varient.

Évidemment, comme plusieurs qui se prétendent artistes, je rencontre d’importants écueils. Par exemple, je compte rejeter ou modifier trois oeuvres produites au cours de l’année 2014 ; L’Ougiecrise, l’Imogridag et…. le Chimpotorck.

Voici donc une nouvelle version de l’œuvre… complétée disons à 90%.

Ainsi, parmi des tonnes de travaux, de mots et de traits, dans la pléiade de brouillons qui garnissent mes bureaux et disques durs, l’aventure se poursuit envers et contre toute adversité. Les techniques s’affinent, les méthodes changent, une grande part de pression intérieure disparaît. L’Art prime, l’argent, lui, circule et fuit. En priorité à toute activité entrepreneuriale, je souhaite exprimer ce qui me semble devoir être exprimé, transmettre ce qu’il y a à transmettre. Copieurs incertains et mendiants du culturel, sbires de sociétés malades en mal d’authenticité, je ne serai pas des vôtres.

Texte et témoignage du Chimpotorck

Chimpotorck-symetrie-final90

L’Hergrail (anciennement le Grilhoma)

Grillhoma

Du détail!
Le Grilhoma s’étale…
…entre chaînes de fabrication et réseaux de distribution, de l’usine au consommateur-client. Grilles, plans et armoires, rangées, colonnes et clôtures le façonnent. (encore) plus de détails à venir…