À propos de Ludwig von 88

houlalaAhh les cassettes! les étuis qui se démanchent, les trous dentelés, les rubans d’une longueur éternelle! Enfant, j’en possédais des dizaines dites « vierges ».. J’y copiais ce qui me tombait sous la main : les vynils de ma mère, les cassettes des amis, la radio. Quand j’avais un peu d’argent, j’achetais des cassettes « originales ». Sans vis apparente, avec remparts à textures granulées et vitrines graduées, « nobles » je les considérais tel des trésors; Encore je les conserve avec soin, bien à l’abri dans une valise spéciale…

L’étrange cassette du grand frère d’un ami, une « originale » toute blanche, avec le nom des chansons écrit en bleu, marquerait donc l’orée de mon adolescence. La couverture et la pochette, avec cadre rose et dessin naïf de keupons enjoués, son intérieur plein de vieilles photos et coupures de journaux et dessins loufoques et autres étranges phrases du genre « les puces donnent des boutons » me fascineraient pour longtemps. Pas surprenant, je découvrais alors une véritable relique punk. , Alors uniquement trouvables à Montréal au Dutchy’s ou à L’Oblique, je me procurerais peu à peu les albums du groupe, j’écouterais et réécouterais à profusion.

Quelques vingt-cinq années plus tard, les quatre premiers albums de Ludwig von 88 (LV88) trônent au sommet de mon panthéon mythiques des meilleures musiques jamais créées! Non seulement leurs conneries me font encore rire aux éclats, mais je réalise en écrivant ceci qu’elles influencent toujours ma vision des choses, mon regard sur la vie, les sociétés, le monde…

Mais qui sont les Ludwig von 88? L’un des plus célèbres groupe du mouvement alternatif des années 80. Archétype du punk rock français, on y trouve un complément humoristique aux Béruriers noirs. Comme ces derniers, seules des boîtes à rythmes produisent le son percussif des Ludwig. Avec son grand frère Bérurier, LV88 s’est d’abord produit dans les squats de Paris, nombreux à l’époque. Festives, leurs performances théatrâles, reprises de chansons loufoques, déguisements et délires gargantuesques renderaient bien vite les shows de LV88 légendaires.

Le groupe transposera sa personnalité de la scène aux albums. Ces airs de moqueurs inoffensifs mais corrosifs, ces phrases de cyniques ironiques d’une saveur toutefois candide et dérisoire, conservent, quelques 30 années plus tard, une rare fraîcheur. On y entend encore le plaisir, le délire, et la franche rigolade de jeunes punks qui s’amusent sans prétention. Dans le monde souvent très fier de la musique, l’humour s’avère rarissime.. Or LV88 s’y donne à fond, se fouttant sans merci, de la gueule des sérieux, des sportifs, des rock stars, des policiers et même… des punk eux-mêmes! Pour écouter ça, faut vraiment pas se prendre au sérieux.

Sûrement, les gars de Ludwig n’auront pas cherché midi à quatorze heures pour produire leurs petits chefs-d’oeuvre. Se guidant par leurs seuls goûts, d’explorations en expérimentations créeraient-ils les plus fins nectars de l’absurdité musicale. À croire que ces quasi-homonymes de Beethoven détenaient la recette secrète de la musicalité heureuse… Parfois d’actualité mais rarement sérieux, les thèmes et paroles du groupe dépeignent à merveille l’aliénation, l’anormal, et le bizarroïde. Toujours décalés, leur univers lunatique, fantaisiste, à la limite du kitsch et du ridicule, dissimule toutefois une réelle conscience politique, à divers degrés. Grand n’importe quoi de l’exception, ce ramassis halluciné propose un regard loufoque sur le monde, où monstres marrants et chevalilers manants reconquièrent leur juste place.

Amateurs de punk ou de chanson française, chercheurs de fêlures mentales, asociaux, décalés, mésadaptés et autres esprits insensés, vous DEVEZ connaître LV88. Leurs albums s’incrusteront en vos cellules cérébrales et deviendront bien vite des compsantes essentielles de votre intelligence!

PS : En show au Rockfest!!!

Dessins facebook Novembre Décembre 2015

Période heureuse(?), de transition; Réserve de l’année 2015, mis de l’avant sur facebook en fin d’année.

Derrière un sombre arc-en-ciel de ratures, s’entonne un chant… en vagues de plumes. D’une colère joyeuse, le dragon de plomb et de feutre raconte les tempêtes éphémères d’un pays éloigné. Écoutez… le Drararbarsha!
12390880_920367888055739_1375334061858223248_n

MAL À L’ÂME : j’en pleure d’une rage lucide et tordue…
Ne cherchons pas tous quelque chose de semblable? Puissions-nous tous vivre libre et heureux… hors de toutes servitudes, dans la paix, l’harmonie et le respect..
12360062_919250981500763_5187389573652869629_n

D’une vase boueuse fleurit cette algue de l’abysse, preuve que d’autres mondes existent..
12369124_918327181593143_8345969640542983036_n

La réunion suivait son cours… sujets sensibles, acronymes extensibles, propos sérieux, implications volontaires, motivation d’équipe, approbations, validations… et j’en passe!. Cependant, sous mes mains nerveuses je libérais ce phœnix. Résurrection! Ses ailes brûleront ma cage! Puisse cette image brûler les vôtres!
12360026_915372301888631_2542166854894557972_n

Menace.
12316462_913423622083499_3489371762422915744_n

Étranglement par vers des espaces velus…
12314057_910760795683115_7603038591306145084_n

Herboristorie végétale… Ces fleurs disparaissaient dans l’abandon, sur un papier jaunissant, par le plomb s’effaçant. Voici les rouilles délicate d’une trace de fleur, cueillie par les miraces de la numérisation.
12243584_908906699201858_144392329344327739_n

Pour votre présence et vos bons mots, veuillez recevoir cette fleur.
12274245_907865752639286_7995031046647443966_n

Hier soir, j’ai trouvé la guitare… du futur… !!!
12239949_907049919387536_6110553367165767574_n

Parfaite symétrie : expérience réussie. Cet oursin mérite-t-il plus d’attention encore? Je ne saurais dire…
12241296_906726459419882_1791322348723980408_n

Chute lumineuse d’un preta avide : d’un faux-pas au vide glisse-t-on entre les mondes…
11254130_905993996159795_6907380168813424177_n

Si vous l’invoquez, Smiriikr le lutin phosphorescent travaillera aujourd’hui pour vous : il mordra les collègues intempestifs et vous rappellera, de temps à autres, vos véritables priorités. Souhaitons-nous une bonne journée!
10464217_903168619775666_3753601397730894706_n

Contemplez… le soleil de mes nuits!
12208741_902800549812473_5515337687744064110_n

Quossé ça? Mais qu’est-ce qui s’est passé? Comment j’ai pu faire ça? Expliquez-moi quelqu’un!
12036544_901910743234787_576778413339034577_n

Souvenir d’un compagnon anonyme. Bonne journée!
12196194_900354790057049_3927933134344781978_n

Paysage d’une ville végétale.
12190090_901148159977712_4870793447097028797_n

Dessins Janvier, Février 2016

Publications de ma page dessins-facebook de l’année 2016 à ce jour, (voyez le widget de la section de gauche pour apprécier la page). Depuis, j’ai changé de vie deux fois, rencontré quelques personnes, assité à quelques salons, déliré dans les aléas de monde virtuels plaisants mais peu consécutifs pour le monde réel. Y’a des périodes comme ça… Or partager de tout ça avec d’autres – VOUS – me motive en soi. Je ne suis pas près de m’arrêter.

Amis amateurs de mes visions…. Je vous souhaite une année 2016 heureuse et magnifique. Que tous nos rêves se réalisent enfin! Surtout, merci d’être là.
1918818_927511650674696_4985589243324236943_n

Fleur discrète d’un frisquet février…
12717582_951458264946701_5038829932762767595_n

J’aimerais ma chère, t’offrir cette fleur de ma douce tourmente…
12717745_947575308668330_7202374433181625538_n

Mardi…y’a des jours comme ça…
12705302_947120852047109_9107265664232751644_n

Carcasse de goéland dans nappe d’huile. Bon appétit! Bonne fin de semaine!
12688206_944956488930212_1307320764392602248_n

Y’a des histoires qui ne se racontent pas. Au delà d’une langue naguère atrophiée à grand peine m’exprimais-je, tentant de me faire entendre, peut-être même dialoguer. Je dessinerais, voire « tracerais des lignes sur un papier » pour trouver une façon de communiquer, une façon d’exister, me bâtir une identité. Qui sait? Derrière cet ange abstrait je poursuis ce traçage d’une route invisible, entre un quotidien renouvelé, un indélogeable chaos et la conviction de devoir, coûte que coûte, continuer.
12647446_943861075706420_7519083996879048507_n

Château-fort pour dissidents de l’imaginaire.
Par ses tours (d’ivoire), … puissiez-vous goûter, à votre tour, les plénitudes de la solitude fertile. Bien à l’abri, auprès des rêves d’Icare et de Léonard, s’y contemplent des cieux inatteignables et autres constellations de barbapapas…
12553029_936944073064787_2314391072012923180_n

Aurore d’un janvier bleu… les flots se déchaînent!
12573701_936407993118395_7388684542442360796_n

Dessin d’observation : le processus importe autant que le résultat! Bonne fin de semaine!
1493217_931478350278026_4858616197714549555_n

Préférez-vous un visage à deux faces ou… une face à deux visages? Vivement la fin de semaine…
481187_931074003651794_7655367453079410990_n

Ramones – S/T

Retour aux bons vieux textes musicaux! À la demande d’Antonio Gérealdo de Feelcore voici un premier texte à propos des Ramones, le premier album et leur importance mythologique. Bonne lecture!

Milieu des années 70, quatre gars en cuir noir brassent les scènes des bars de New York. Sous un patronyme alors nébuleux — The Ramones — Johnny, Tommy, Joey and Dee Dee livrent un son brut, rock, tapageur, effréné. En dépit des apparences, ces voyous des bas-quartiers transformeraient bientôt l’Histoire de la musique. 1976 : les Ramones publient un premier album, éponyme : ces quatorze pièces d’une simplicité presque vulgaire fonderont, À l’insu des critiques et observateurs de l’époque, un nouveau genre. Jamais la musique populaire ne s’en remettra.

Par leur musique sommaire voire primitive, les Ramones imploraient un retour à l’essence du rock, d’avant les bouleversements beatlesques et hendrixiens des années 60. En cette époque d’envolées progressives et fusions jazz, d’arrangements floraux en harmonies complexes, la « bonne » musique de l’heure rime avec virtuosité technique, enflure d’ego et élitisme. Au milieu des années 70, les seuls nobles et véritables « professionnels » jouent la musique « valable ». Mais, sous les sommets vertigineux des prouesses d’alors, ruelles, hangars et caves grouillaient de rats tout autant capables, à leur façon.

« Qu’avons-nous à faire du maquillages, des éclairages à gros-budgets, des feux d’artifices et autres sophistications théâtrales? Nécessaires? les solos à n’en plus finir, les accords treizièmes, et autres prodigieuses frimes? Nous aimons le rock & roll! Voilà ce qu’on veut jouer, même si on ne sait pas comment! Un chanteur, une guitare, une basse, un drum, nos chansons! On va bien s’amuser! »

Dans cet esprit, les Ramones traceront la voie à des millions de musiciens dans une multitude de genres dits « populaires ». Bien que jamais de leur vivant ne connaîtront-ils un véritable succès commercial, The Ramones, qui ont tout fait pour y arriver, sont désormais célèbres. En 2012 la National Recording Registry (collection d’enregistrements sonores préservés par la bibliothèque du Congrès des États-Unis) immortalise l’album éponyme du groupe, le qualifiant de « culturellement, historiquement, et artistiquement significatif. » Entre mille, chacun reconnais maintenant la célèbre couverture du disque : sur une photo noir et blanc, quatre « bums » jeans usés, cheveux et manteaux de cuir noirs nous regardent, impassibles devant un vieux mur de briques. Plus qu’un album célèbre, voici un symbole archétypal des temps modernes!

Mais comment un tel album a-t-il pu marquer autant de gens? Avec des thèmes rébarbatifs tels que violence, prostitution masculine, usage de drogue et nazisme, on douterait sans problème d’un succès populaire possible. ÇA serait oublier l’universalité des déboires et malédictions adolescentes. En des hymnes en apparence simples et stupides, on retrouve dans les premières chansons des Ramones ces mêmes épices qui expliquent les succès du rock & roll depuis ses débuts. Le « Hey ho, let’s go! » du célébrissime Blitzkrieg bop interpelle les instincts les plus primaires, sans se réserver aux arriérés et cerveaux renfrognés. Ensuite les « Beat on the Brat », « Judy is a punk » et « Chainsaw », , avec leurs couplets saisissants et leurs refrains mastodontes instillent coup sur coup les microbes d’un virus sans merci et déclencheront même chez les plus résistants la « mania ». Combien ont déjà contracté ce goût musical de vitesse frénétique et d’excitation énergique? Encore, des millions de fanatiques des quatre coins du monde se nourrissent les oreilles de ce jus sans arrière-goût, la saveur original punk.

En réinventant la roue, nos amis ramoneurs sauvaient la musique populaire d’une éventuelle fossilisation plastique. Leur premier album, presque nostalgique, ramenait un état d’esprit, une mentalité, un quelque chose d’insaisissable qui à la fois décrit le son d’une époque et en définit une nouvelle…

Pour ma part, bien à l’affût de grande-vitesse et de mélodies typiques d’un skate-punk ultérieur, je ne peux renier la responsabilité des Ramones par rapport à l’œuvre de la plupart de mes artistes préférés. Au dessus des Motörhead et NOFX, en passant par les Shériffs et même Slayer, l’ombre des ramoneurs plane. L’ignorant pourrait considérer les Ramones comme un mythe surévalué, pauvre et sans substance musicale; un autre pourrait n’y voir qu’un logo populaire ou le prétexte d’un code vestimentaire. Mais c’est en survolant la carrière du groupe à travers ses très nombreux succès qu’on saisira la grandeur quasi mythologique des Ramones. Malgré l’inégalité de la plupart de leurs albums (par exemple, la face B du premier album est loin des sommets de la face A) , une mine d’or de chansons expliquent la solidité du culte existant autour des Ramones. À vous de les découvrir si ce n’est déjà fait. Conseil : procurez-vous « Mania » la première compilation « best-of » officielle du groupe. Vous n’en démordrez pas.

Avant de conclure, je me dois de mentionner l’album-reprise intégral du Ramones éponyme par Screeching Weasel, le meilleur groupe émule ramonien de la vague skate-punk. Ce remake note-pour-note du même album se vendait au cours de leur tournée US De 1993, sous forme d’un vinyle au pressage limité à 300 exemplaires. Les minimes différences entre les albums se décèlent dans la voix de Ben Weasel, la production plus nette et une légère accélération de vitesse par rapport à l’original. Les fans de Screeching (tel que l’auteur de ces lignes!) y trouveront un plaisir certain. Toutefois, si vous ne connaissez pas le premier album éponyme des Ramones, commencez par l’original…

Avant que le film célébrant le quarantième anniversaire de l’album n’envahisse les salles de cinéma, avant qu’une mode inepte ne travestisse ce puits d’inspiration, avant qu’on fasse des Ramones un autre produit culturel sans valeur autre que monétaire, avant que pour une énième fois leur logo ne serve de trophée hologramme au punk soi-disant authentique, savourez le son brut des ruelles aux odeurs pestilentielles, écoutez l’écho ancien des bars mal famés, avant qu’on n’en fasse des merceries… ou d’autres condominiums!

Le Tremlezeboo

Subalterne des enfers, éminence grise du pays de braise, le Tremelzeboo dirige par dénégation et indifférence absolue. Les rides et sillons de ses ailes lumineuses évoquent l’oubli de sa damnation. éraflant les regards de mille éclats de verre. Bandeaux et cornes de feu, du front du Tremelzeboo, annoncent la vigueur de ses impitoyables traitements. Par ce symbole de noblesse, cette couronne de cruauté, le haut valet au visage bouffi brille, jusque dans les arcs de ses sourcils aux menaçantes broussailles.

D’un gris bleu terne, l’œil perçant du Tremelzeboo révèle un abattement contagieux, une terne lassitude infectée de déprime. Car sa froideur accable, rend lâche, pousse à la négligence, jusqu’à l’abandon total. Et quand se dilatent les artères de son cœur, quand ses narines se gonflent d’une vile ferveur, le Tremelzeboo s’infatue, ingrat et fier. Oublis, étourderies, distractions, effacements et absences : ses inadvertances percent les consciences tel un gruyère.

De pertes de conscience en étourdissements confus, l’influence catastrophique du Tremelzeboo déclenche un délire aux accents mystiques. Le corps de gaz du Tremelzeboo, en un éthyle arc-en-ciel, purifie d’une distillation maléfique. De sa queue en tournesol jaillit l’hydromel de sa quintessence. Ce seigneur des terres sans mer, ce maître des pays de sécheresses et démiurge des boit-sans-soif offre ainsi une liqueur soi-disant salvatrice, offrande sacrificielle de son ministère.

« Malgré les convulsions, les spasmes et les étourdissements, malgré l’anxiété, l’insomnie et les sautes d’humeur, malgré les changements soudains de personnalité, les nausées, les troubles, les vomissements, les hallucinations et les tremblements, les derniers témoins de ma grandeur vénèrent jusqu’à mon ombre. Pour moi et chacun de mes disciples, sombres nous étions, sombres nous resterons.

D’inépuisables serviteurs tissent ma peau de leurs robes cafardeuses. Débordants de vie, leurs desseins se multiplient à l’infini en d’indescriptibles mouvements. Leurs dards et morsures instillent par leur venin mon indéfectible résolution :

De pourriture encore mes pensées se nourrissent! D’une infatigable obstination, je me gave encore de vos maladies, du nuisible, de l’inutile. Que mes messagers vous le rappellent : j’exige des sacrifices! Je ne tolérerai aucune rédemption. L’esprit fixe, ferme, résolu, jamais je ne changerai. Impossible d’oublier tourments et désespoirs d’antan. Mon dédain naît de ces désagréables souvenirs. Je me dresse désormais contre la nature même des choses, et en tout temps profanerai l’immuable Loi. Ma haine est immortelle, me volonté de vengeance, irrémédiable.

Dans l’insoumission je garderai la tête haute, avec courage et fierté. Ma gloire se parera de vos accusations. Et je ne demanderai aucune grâce. J’en mourrais plutôt. Mieux vaut souffrir… et régner!

Sous le triple office du plaisir, par la grandeur, l’originalité et la beauté, j’éteindrai ma faculté de penser! Enfin seule la force de mes pulsions me guidera. Ainsi Je créerai et détruirai, encore et encore, pour la grande sublimation.

Au nom de l’enfer sur terre, de la confusion et l’exil, que par nous s’établisse l’équilibre d’une justice immuable. Sinon, prohibez notre mal et, à votre tour, souffrez! »

Le Tremelzeboo

Dessins septembre octobre 2015

Depuis septembre 2012, je publie sur facebook dessins et réflexions. Un jour, (bientôt!) j’éditerai un livre avec tout ça… Je le promets solenellement! En attendant, voici quelques publications des derniers mois.

11251852_898370610255467_4277795633021291278_n

Reconnaissez-vous cet endroit? Parfait pour un pic-nic d’automne…

12141563_890887264337135_1017653933309286809_n

La lumière crépite, le ciel dense s’agite…
crinière de feu, exauce nos voeux
Vade retro Belzeboo
Métempsychose lupienne, ton sourire publicide les flagelle
et ça se terminemal
HYPOMANIAX !!!

12138479_892403820852146_1500279846654998328_o

Preta no. 4 : souviens-toi …

12115634_895276837231511_4480633422009739824_n

Cette personne hante le parvis de l’église du centre-ville de Québec. Si vous y passez, portez attention …

12108062_894847080607820_6874144797966339450_n

L’arbre d’or…
Sur son promontoire, cet arbre scintillait tel un astre lumineux. Je le contemplerais des heures durant, le dessinant avec admiration. Plus tard m’en rapprochant, je découvrais l’origine de sa nature exceptionnelle : à même un rocher – contre toute probabilité – le végétal s’était enraciné hors terre, solitaire mais désormais indélogeable de sa presqu’île.

12088377_892779374147924_2535610309564348496_n

Aujourd’hui : ciel nuageux avec éclaircis. En pleine moyenne de saison, on prévoie quelques précipitations. Maximum 15°.

12088295_894313113994550_3897905541592743056_n

Implosions d’erreurs…
Croyant que jamais je n’en sortirais…

12079296_890341457725049_3554737994464219698_n

Paysage d’une ville végétale.

12049705_882868631805665_6335678148400882192_n

Lavez vos mains après visualisation… Serpent de fumée… version noir et blanc; Interdits, inadmissibles, on les dits nuisibles quand impassibles naviguent-ils indestructibles dans l’indicible.

12003951_881602055265656_9126259894436476001_n

De ma queue de bulles et mon corps velu
une part de mon esprit s’affirme en raz-de-marée et flammes
traits et traces de ma dernière face.

12036811_896062997152895_3113950898579455417_n

Hommage aux névroses passagères…
« des détails peu sérieux se transforment en montagnes d’une importance planétaire… Les perceptions s’en distordent, les faits s’en déforment, les égratignures se grattent jusqu’en blessures béantes… »
Ça te concerne? ça nous concerne tous!

11990409_875010895924772_7818333012028886794_n

Parleriez-vous dans mon dos? Allez-y! parlez! Un jour ou l’autre je saurai!…

11880661_868509609908234_1444583104372863408_n

Le grand laisse sa place au petit. C’est dans son anatomie.
Pratique au bois en sursaturation…

11753674_859030200856175_7658222665675509874_n

Frêle crieur de bois…
« Un sombre feu jaillit de ce bec! Devrais-je me taire?….
IMPOSSIBLE! Mon œil brille, unique, tel un soleil!

Le Katagno

K-gnoChaque individu, unique, se distingue par ses actions. En interaction avec son univers, ses réalités, ses illusions, la personne s’ajuste à son environnement, le questionne, lui répond. D’aventures en expérimentations, des volontés s’affirment. Par le filtre de ses sens, son éducation et sa pensée, se percevront des cadres – les frontières d’une réalité – avec libertés et interdits.

En parallèle, mythes modernes et anciens, contes et légendes enseignent aussi leurs leçons, levant le coin d’un voile sur d’indicibles mystères. Depuis les annales de l’imagination, divertissements, demi-vérités, distorsions et exagérations, se déploient. En ces mondes de l’impossible, d’étranges vautours planent, rats et serpents s’entre-dévorent, des licornes périssent, proies faciles et braconniers foisonnent. Sous le couvert de l’image, on se raconte, se transforme, se dirige, se décide. Pendant ce temps, on se loge, on se nourrit, on gagne sa vie… et s’oublient ces récits. Entre apprentissages, souvenirs et expériences, chacun mène sa lutte, entre rêves et dépotoirs et résultats et cimetières.

« Aime ton prochain. Contribue à l’ordre du monde. Aspire au meilleur. Travaille. Fixe-toi des objectifs, réussis. Toi seul est responsable de ton bonheur. »

« De calme, de repos, de paix, je rêve… et encore, d’une plaie béante et inguérissable je souffre. Engourdi de douleur, je hais : le monde, ses gens, la vie elle-même. Autour de moi, maintes lois du silence sanctionnent mes sanglots, mes cris, mes pleurs. En fait, de toutes mes pores je saigne. Ça m’affaiblit, je m’abats. Plus vulnérable que jamais, combien d’aiguillons tentateurs se brandissent vers moi? Et chaque fois je succombe. Coupable, je m’abandonne. Vas-tu aussi me rejeter? »

À quel point désirais-je m’adapter pour gagner attentions et affections? L’ordre en place me défie. Jusqu’en esprit, bandes et couples se forment. Entre insultes et compliments, avide de fusion, mon corps, à chaque instant, s’étiole. Qui pourrais-je convaincre ou séduire?

D’acceptations en refus, de compromis en concessions, j’évolue, me déconnecte. Chacun pour soi! Convaincu de ma médiocrité, dans la séparation, la division et la honte, je m’exclue. Pourquoi me battrais pour l’amour du monde? De doutes en recherches inutiles, de perversions en vices, des volontés autres me dirigent. Voyez-vous cet énorme creux au centre de mon visage? Par ces blessures, mille roses – ces spirales de mes écarts – jaillissent en peurs, tendres couleurs de mes malheurs. En dépit de votre admiration, me reprocherez-vous ces replis de ma beauté écarlate?

« Lâche, je m’écœure. Je n’en peux plus d’échouer, de donner de moi sans recevoir, de rien ni personne. J’en abimerais mon corps. Mes efforts, par accumulation et répétition, ne parviennent qu’à m’éreinter : ma dernière peau se fane. J’abandonne l’idée d’un futur heureux, d’un accomplissement sain, de succès et d’épanouissement. Parviendrai-je à grandir, à trouver quelque rayonnement, une beauté, un sens à cette destinée? Peut-être, peut-être, peut-être… Dans la solitude, entre vieillesse et inertie, jeunesse et énergie, je m’endurcis… »

« Leurs vains conseils me torturent. »

« Ma souffrance m’isole. Qui voudra de moi, si toujours, pour mille et une raisons, je me revois jugé, étiquetté puis rejeté? Mes horreurs, mon odeur, vous détournent de mon corps… malgré ma sympathie, ma sensibilité, mon regard véhément. Suis-je si déplaisant?

Et toi qui m’entends…

…si dans le silence tu vois mon regard briller, puisses-tu goûter cette saveur sans nom, mon inaltérable et primordiale force. Insaisissable, cette absorption nous unira : en un seul corps, invisible, nous nous confondrons. En nous se cimentera l’évidence, le grand OUI qu’en permanence nous nous dirons, en dépit de nos protections et nos luttes.

Ainsi j’aime, malgré la solitude, les outrage et les manques. Or toujours je n’agis que pour moi… et mes multiples personnalités. Encore je me bâtis de nouvelles vies, de multiples rôles. Et j’en souris. Sans retenue s’extériorisent mes joies, ma liberté retrouvée. Ces simples humains, de par leur nature, répareront mes brisures. Car à chacun d’eux, à tout moment en tous lieux, je m’unirai. »

Le petit ensemble ; logo

Je suis dessinateur de scène pour le groupe d’improvisation musicale Le petit ensemble.
Vivement le prochain show! Voici le logo que je réalisais cet été pour la formation.

LPE-1-noir

LPE-1-blanc

Alienectricity

Au delà des ciels, du soleil et des étoiles, un magistrat gère l’Univers. Libres du temps, de l’espace, des plans et des dimensions, ces esprits sans chair gèrent les consciences, les dirigent d’un monde à un autre. À l’écart d’un ailleurs impénétrable, pierres immobiles, végétaux foisonnants et êtres remuants émergent donc sur terre d’un même souffle.

En quarantaine des grands courants intersidéraux, les peuplades humaines cultivent habiletés et savoirs. La compréhension progressive des forces élémentaires à leur monde, dont celle de l’électromagnétique, inspirent maintes idées et innovations, de la découverte du feu aux dernières avancées technologiques.

Depuis les terres de l’imaginaire, créations et découvertes enflamment les consciences à l’affût. Par la concrétisation des idées, les réalités se succèdent. Au delà de l’espace-temps, êtres stellaires et émissaires du grand magistrat naviguent entre les frontières du matériel, nous interpellent, provoquant sur terre la transmutation des entités. Les uns s’en élèvent, d’autres s’enfoncent. Rebâtissons-nous le monde que nous nous élevons vers les cieux de nos ambitions, entre nos rêves, désirs et cauchemars.

Or l’un des pires scénarios se concrétise pour la planète. Là où l’on se torture par obligeance, où l’on s’entiche de vaines possessions, où l’on s’écrase d’illusions factices, où maladies et souffrances décuplent en nombre et en intensité, les espèces disparaissent. Les milieux de vie se corrompent. Les idées s’amenuisent. Les intuitions s’épuisent. les consciences s’éclipsent. Les émotions s’éteignent. Des bruits courent, un nombre grandissant de gens le perçoivent, de mille et une façon. Sur terre, une guerre invisible s’éternise…

…et s’institue un nouvel enfer. À mesure que bétons et autoroutes tapissent les terres, qu’îles de plastique et nappes d’huiles envahissent les mers, que les forêts s’épuisent, que l’eau disparaît, que la terre s’échauffe… s’édifient les conditions d’un environnement néfaste à toute forme de vie. En des déserts de plus en plus vastes s’érigent les pandémoniums par centaines, où individus n’expérimenteront plus que tortures, supplices et douleurs.

D’urgence, invoque-t-on pour la planète bleue un avènement sans précédent : par le canal d’une lumière à ce jour réservée aux éclairs, par milliers des inspirateurs d’outre-monde y surgissent.

Ces représentants intersidéraux choisissaient naguère, en concordance avec les diverses conditions et environnements de leur planète d’accueil, leurs naissances et missions spécifiques.

Des foudres d’émotions dénudent de son camouflage humain l’Alienectricity, individu missionnaire d’une engeance de plus en plus visible sur terre. En venant jusqu’ici, l’entité prenait un grand risque : se perdre à jamais dans le carbone et l’oxydation.

« En torrents mes nerfs éclatent! De mes tempes une fenêtre s’ouvre… Voyez-vous cette crevasse en mon front? Un court-circuit, une disjonction permanente, la creuse.

Dans la confusion je me débattais; aux prises avec moi-même, je me croyais coupable de tous les maux. D’une colère solitaire je disparaissais dans mes zones les plus sombres, j’agonisais. Réactions en chaîne : les enfers s’écroulaient en moi, précipitaient ma confusion, mes déficiences. À mon insu, afin de neutraliser mes actions, on m’instillait de funestes poisons, on m’anesthésiait.

Par secrets, mensonges et manipulations, on m’emmurait en une cage translucide. Dans le tourment de cet emprisonnement, je remuerais, me secouerais, m’ameuterais dans l’affolement. Mais on se jouait de ma personne. Tel un rat de laboratoire, on étudiait chacun de mes gestes, actions et pensées. Pour les imiter, à loisir.

D’un mépris indéfectible, résolu, d’une méchanceté pure, s’emparait-on – à l’insu de tous – de mon existence. Par jalousie et dépit, par une indicible tristesse et une peur sans nom me scierai-t-on jambes, bras, tête et gorge et même…

Stérilisation.

Vous, envoyés des cabales obscures, contrecarriez ma destinée, désamorciez mes actes, ridiculisiez jusqu’à l’influence de ma présence. Mutilé, pourfendu, occis, vous me divisiez, me pourfendiez. Choix médiocres, erreurs, errances, affiliations déplorables, amitiés fatales, découlent de vos persécutions à répétition. Par miracle encore en vie, votre humble martyr en paierait le gros prix : misère, humiliations, isolement, ostracisation, paralysie et autres torpeurs.

En mes blessures béantes s’inscrivent votre mal, votre avidité, vos manques. Que l’énergie de ce court-circuit, mon trop-plein d’électricité, vous nourrisse! Que de mon sourire survolté s’échappe vos tourments, ces incessantes frayeurs… Maintenant que je vous reconnais, je saurai vous affronter.

Ainsi je me dégage de votre emprise, pose des questions, veut des précisions – toujours plus de précisions – cherche à atteindre votre jalouse perfection. Je m’agite, confronte, assène des coups, en reçoit, ravale, me relève! Un faux-amour m’intoxiquait et noircissait mon sang, mes veines, mon cœur, mon esprit. Mais je ne réagis plus, j’explose.

Harcèlements inexplicables, comportements hors-normes, gestes d’abandon, rejets et repoussements, insultes sans cessations s’intégreront à mes ombres. Voyez-les prendre vie! Et ça ne fait que commencer.

Aujourd’hui je ressuscite, non sans heurts. De cette surcharge, mes blessures guérissent. Rendons les armes. Par cette énergie nouvelle – l’électricité – devenons, ensemble, immortels. »

Alienectricity..

Dessins 2015

Publication des derniers mois sur ma page facebook.

Preta no. 3 : des entités par milliards… n’attendent qu’un geste pour naître.
preta3

Sur la route escarpée de la chance, cet arbre annonçait un possible répit. Or, derrière ses feuilles le majestueux végétal dissimulait un étonnant virage. La pente s’accentue mais allons-y! Poursuivons l’excursion!
routedelachance

Dans le ciel variable de vos rêves, un œil vous regarde…
ciel-oeil-regarde

Sous les sentiers de brume et les herbes hautes, j’atteindrai un sommet. Qu’est-ce qu’il y a là-bas? un château, une cité ou un autre enfer? Pour sûr, je ne peux plus reculer.
nuee-chemin

Parmi les meilleures thèses conspirationnistes, retenez celle des chemtrails : dépôts de gaz et matières chimiques dans le ciel pour influencer les conditions climatiques… avec immondices au carbone et autres vestiges de raffineries, voilà tout un tableau! Dessin réalisé avec crayons en fin de vie avec éraflures de stylo effaçable pour le ciel…
chemtrail_immondices

Le Styx après l’enfer…
styxapresenfer

Preta no. 2; ces êtres existent vraiment. Peut-être ne ressemblent-ils pas à ce dessin mais, je vous le dis, ça existe! Caractéristiques communes aux pretas : ventre énorme, membres chétifs, petit petit cou, bouche minuscule s’ouvrant à la dimension de nos lèvres sifflantes, grands yeux (plus grands que la panse!), mains molles, pieds fuyants.
preta2

Voici un Preta, créature pas si fictive que ça, issue de la mystique tibétaine; en français nous les appellerions : fantômes affamés. Jamais les pretas ne se repaissent. Encore et encore avides d’obtenir plus, de consommer plus, même dans l’abondance la plus absolue, considérons-les avec philosophie. Leur comportement nous concerne tous! Alors mangez, buvez, obtenez mais, surtout, savourez sans gêne.
preta1

Paysage d’un sabotage printanier…
paysagedelautosabotage

Laissez-moi vous montrer MON COEUR!
moncoeur2015

Drôle d’oiseau…
droledoiseau

I got the ALIENECTRICITY!!!

Alienectricity..

Le Jokkochov

Seuls nous naîtrons, seuls nous mourrons. Or dès mes premiers moments, l’Autre s’imposera à moi. Avec l’Autre j’apprendrai, parlerai, jouirai des caresses du soleil et du vent, apprivoiserai les beautés du monde, sa nature, ses êtres vivants. D’acquisitions en apprentissages, j’acquerrai connaissances, trésors et secrets. De ces premières interactions surgiront mes premiers souvenirs. Dans la confidence de mes premières relations, je contracterai même mes premières unions.

De leur côté, parents et adultes, forts de leurs expériences, mœurs, valeurs et principes m’élèveront de rampant à marcheur, de crieur à orateur. On se chargera de ma protection, de mon éducation. Dans ces enseignements, on m’assignera consignes et règlements. Bien au delà de mes appréhensions, de ma compréhension, on influencera mes prises de décision, mes désirs, mes goûts, mes affections.

Sous peu me désignera-t-on qui et quoi, parmi étrangers, choses et phénomènes, me conduiraient au santé, au bonheur, à la sérénité. Permissions, règlements, interdictions. je suivrai ou éviterai.

D’instructions en initiations, d’expériences en apprentissages, chaque événement m’affectera. De branches en brindilles, le nid de mon caractère s’élaborera. De modifications en ajustements, les murs de ma conscience se solidifieront. Instincts et intuitions se cristalliseront. Événements et expériences m’en convaincront : faits et perceptions s’imposeront à moi en millions de fragments. De plus en plus opaques, les solides remparts de mon intellect ne reflèteront bientôt plus que demi-vérités et faux-semblants, mensonges et simulacres. tortures et servilités.

D’inspirations en influences, d’amours impartageables en aventures superficielles, d’attachements superflus en inimaginables angoisses, de compagnons de fortune en ennemis cachés, on m’instruira de savantes procédures. D’une magie interdite, experts et sorcières embrumeront mes lunettes mentales. Sans le vouloir m’instillera-t-on doutes et questionnements. À mon insu j’éprouverai leurs agissements.

La réalité me jouera des tours. Je n’arriverai plus à me fier à qui ou quoi que ce soit. Plus rien de ce que je sais ne me guidera vers quelque vérité que ce soit. Je m’isolerai, m’enfermerai, me cacherai de tout et de tous. Mais, comme l’humain ne peut vivre seul, la solitude bientôt m’accaparera. Par un étrange conditionnement, impressions d’absence et sentiment d’abandons me hanteront. Trop souvent l’Autre me manquera.

Dans une profonde confusion, je ne saurai quelle attitude adopter, je ne saurai déceler l’amour de la haine ni la tromperie de l’assistance. J’accumulerai objets et livres, divertissements et passe-temps, qui tous s’avéreront futiles ou inutiles. Le joyau noir de mes vérités acquises s’enchâssera en une couronne de dépit, d’incertitude, de peur et d’envie. Roi inapprochable d’un marécageux royaume, je ne dirigerai que l’alvéole de ma chrysalide.

À tout prix je chercherai à me libérer de cet enfer. Avalant mon espace dans son intégralité, je m’asphyxierai. Par délires et missions imaginaires, sous l’influence d’ombres et rêves qu’on ne saurait voir, je fuirai.

Pour toujours je quitterai cette terre inhospitalière et m’envolerai. Dans le lit nuageux de mes songes je me libèrerai.

Du coup plus personne ne comprendra ce que je dis, ce que j’écris, ce que je vis.
De ces fumées sous mes ailes je léviterai, flotterai sur les globules et le sang de l’éther ambiant.
Derrière mes mots, mon vol ne se suivra qu’en pensées. Sans attache à quelque terre que ce soit, plus personne n’osera me rejoindre ou me rattraper.

« Dès que le vent soufflera, je repartira, dès que les vents tourneront nous nous en alleront. »

Peut-être je m’écraserai.

Et à ceux qui un instant tenteront de me ramener, je leur dirai : « ne m’en veux pas de voler si loin de toi. je ne désire que me libérer, peut-être atterrir à quelque part, ailleurs… En tous les cas, souhaitons-nous paix, repos et tranquillité. »

Voir trop d’un coup équivaut à ne rien voir du tout. Ma fuite s’est avérée plus longue que prévue. Aujourd’hui je ne dors plus. Mon cœur trop attisé s’en ressent.

À elles seules les idées me suffiraient… de l’imaginaire où s’exposent autant poussières d’univers que vers de terres, mes facultés, et aptitudes roulent d’un mécanisme effréné, incontrôlable.

J’observe ma respiration. Constate ma vitalité : rejette les accumulations . En moi circulent explosions de noirceurs, mes anciennes « vérités » et arc-en-ciels de bonheurs. Assailli de tous côtés, l’épuisement mental me guette. Or de l’univers je récupère sans même dormir. Je navigue par énergies décelées, canalisées.
Je récolte ce dont j’ai besoin pour perdurer…
Tout est là, à portée d’aile, s’agit de les tendre.

Jokochov

Le Jokochov

Jokochov
Parmi les faux-vrais, de vrais-faux entretenaient les tisons.
Oui. je brûlai gelé.

Plan de cours : Daemondala, arts, esprits, et créativité

Les effigies de la folie

De mes récentes aventures créatives et artistiques, je me dois de partager connaissances et expériences. Ça devient nécessaire voire urgent. Voilà donc que je commence à donner des cours en suivant ce plan. À suivre…

Objectifs du cours :

  • Initier aux rudiments de la pratique artistique;
  • Stimuler l’inventivité et l’imagination visuelle des participants;
  • Déverrouiller leur potentiel créatif;
  • Favoriser l’adoption d’une démarche artistique personnelle;
  • Offrir un cadre d’accompagnement soutenant un processus créatif complet.

Chaque cours comprend deux parties : une théorique, une pratique.
Tous dans le groupe apprendront la même base théorique.
En pratique, chaque individu suivra un cheminement personnel, selon ses goûts, moyens et volontés.

Partie 1

0. Présentation du cours

  • Description des objectifs, présentation et projection de la production artistique de l’animateur
  • Discussion et échange : expériences des participants

1. Réalisation d’un mandala personnel
Introduction : projection d’exemples de mandalas

  • Analyse des mandalas
  • Échange et inspiration en groupe sur les œuvres.
  • Réalisation d’un mandala « rapide ».

2. Dessins abstraits – création de « doodles » (beaux gribouillis)

  • Caractéristiques : croquis rapides, quantité plutôt que qualité
  • Exploration de techniques au crayon (rapide, lent, coups, cercles, etc)
  • nombre de « Doodles » : une vingtaine par participant

3. Production d’un canevas de travail
Symétries et réflexions:
A – Photocopies, colle et papier calque

B – Numérisation et logiciel de traitement d’image : Gimp vs Photoshop

C – Déformations et impressions de grilles-canevas (on triche!)

Choix d’un « Doodle »

4. Dessin dans le canevas
À cette étape, on dessine avec le canevas du cours précédent.
Cette activité se poursuivra au cours des prochaines semaines, en parallèle avec les ateliers théoriques des étapes subséquentes.

5. Ateliers théoriques

Partie 1 – Langage symbolique, signes iconiques
A. Mythologies
Dieux, cosmologies, êtres imaginaires, peuples et cultures.
Dieux actuels : idoles, personnages et célébrités.

B. Imagerie moderne : Courts métrages et extraits de documentaires
Surréalisme, films expérimentaux et discussion sur les projections
Ex. : Yellow submarine, projection de mantras en images, films de l’ONF
C. La paranoïa critique de Dali
D. Image, réalité et perception

Activité formatrice:
Recherche de symboles dans les œuvres
transformation de taches en dessins

C. Histoire de l’Art
Recherche et sélection d’images
Banques d’images
Montage d’un Scrapbook avec images préférées (optionnel)

Partie 2 – Langage visuel, signes plastiques

  • A. Langage visuel : couleurs, textures, formes
  • B. Composition d’images : harmonie, rythme et contraste
  • C. Organisation bi-dimensionnel : Abstrait vs concret, simple vs complexe, emphase sur un élément, unité et variété
  • D. Atelier : Recherche d’Exemples
    • Choix d’un élément visuel
    • Recherche en bibliothèque : journaux, magazines, livres

Partie 3 : Les différents médiums artistiques et leurs possibilités :

1 – Revue des médiums (au choix des élèves)

  • A – feutre, plomb, peinture,collage, aquarelle, pastels.
  • B – papiers et supports

Atelier : Essais de médiums et papiers (au choix ; faites dont ce que vous voulez!)

Partie 4 : La créativité (initiation) :
À ce stade, la participant finalise ou termine son œuvre.

  • Le processus créatif
    Le hasard et l’effort, l’importance de l’erreur, remises en question, sortir du cadre, l’incertitude, directions possibles, prises de risques, exemples
  • De la vision à la réalisation de l’œuvre, témoignage des participants. Discussion de groupe sur l’événement créatif : la complétion de l’œuvre. Surprises, directions, réalisations : Implication dans le travail. satisfaction ou non du résulta, situations inattendues.
  • Cours final – Présentation de l’œuvre personnelle du participant au groupe: exposé oral succinct (de 1 à 5 minutes)

Deuxième session

Objectifs du cours
Apprentissage et maîtrise des logiciels d’infographie
Expérience créative: individuelle, en équipe, avec le groupe
Préparation d’une exposition collective.
Encore une fois, la réalisation de l’œuvre se poursuivra au long des semaines, en parallèle avec les démonstrations théoriques proposées.

1 – Photoshop
Le logiciel Photoshop :
Histoire et importance sociale
Survol de la suite Adobe
Barres d’outils, fenêtres et menus

Principe d’utilisation :
Définir un objectif de départ : ajustements, nettoyage, coloriage, ajouts ou retraits, déformations, stylisation, extraction de texture, conception d’une brosse, d’un pattern, d’un dégradé.
Déterminer les tâches et l’ordre pour les accomplir.
Chacune se résous de plusieurs façons.
Paresse productive : le moyen le plus facile est le meilleur.
À chaque étape on sait ce qu’on fait. L’historique n’est pas infini.

Exercice: compléter un canevas de dessin avec Photoshop :
Réflexions et symétries, couches, contrastes noirs et blanc, niveaux, retraits ou emploi de couleurs

2. Langage visuel
Recherches, réflexion et planification
A. Recherches; Couleurs, forme, textures
B. Composition : alignements, répétitions, accompagnements et décorations
C. Dynamiques et relations picturales (avec schémas)

3. Retour sur la créativité :
Discussions de groupe et échanges
… à propos processus créatif, de la résolution de problèmes, des écueils, blocages, trouvailles (Euraka), des remises en question, incertitudes, inspirations.

Références et exercices :

  • Roger Van Den Oeche : Verrous de la créativité
  • Exercice « brainstorming » : le hasard et l’effort, le droit à l’erreur, sortir du cadre, choix, voir ailleurs, pauses
  • Le risque, l’intuition
  • Les contraintes, la production
  • Sources d’inspirations extérieures : auteurs, artistes, cinéastes, la psychologie, la gestalt, le comportement des plantes et des animaux, le grand ordre cosmique, etc.

4. Histoires des Arts Visionnaires: de Hyeronimus Bosch à Alex Grey

  • L’imagerie moderne; initiation, histoire, enjeux actuels
  • Philosophie des courants visionnaires : surréalisme, fantastique, science-fiction, cinéma, art sacré, art numérique, jeux vidéos, bande-dessinée
  • Projection et exposé : Principaux artistes visionnaires passés et contemporains, regroupements d’artistes actuels, artistes locaux et internationaux.


5. Allers-retours

  • Le mythe du chef d’œuvre et de l’échec.
  • La reprise d’un ancien travail.
  • Pauses dans le processus: nécessité, bénéfices, problèmes
  • Papier vs ordinateur
  • Versions et historique (Photoshop)

6. Les impressions :

  • Le fichier pdf
  • Formats d’impression, les types de cartons, l’encadrement
  • Les supports et objets : t-shirt, boîte de cellulaire, tasses, etc.
    Zine, cahier, livre (survol) : mise en page, révision linguistique, soumission/épreuve

7. Activité finale : présentation d’une exposition collective
À la fin, les participants organisent une expositions collective.

Activités : Choix du l’endroit, du temps, dates butoirs, invitations
Recherche de commanditaires, campagne(s) de financement
Présentation et supports : cadres, cartons, toiles, murs et espaces du lieu d’exposition.
Étiquettes et fiches d’identité : bios des artiste et présentation de son/ses œuvres.
Outils publicitaires : médias sociaux, affiche, marketing de(s) l’artiste (s)
(Comment accroître sa valeur : cours 3?)

Le Sampridivickh

En ce monde de souffrance, une guerre fait rage.

Des circonstances l’aggravent : plus aucune règle ne l’encadre. Dans la mêlée générale, sans coups ni heurt, on nous attaque! Depuis l’imperceptible monde des idées, une bête géante infeste nos esprits : confusion, passions et perversions rythment nos désirs. Porcs nous sommes! Sédentaires, domestiques, nous nous goinfrons les gueules béantes. Les rêves d’abondance et de prospérité nous engraissent, nous organisent. De jour comme de nuit courrons-nous toujours plus vite, en dépit de la dangereuse puanteur de nos souillures. Suivant des lois en apparence immuables, nous nous émoussons les sens à force de les satisfaire. Asservis de l’élevage à l’abattoir, bien nourris nous nous reproduisons, dans l’ignorance et le déni.

Le conflit s’intériorise où s’érigent des vallées de murs où machineries et enclos oppressent les peuplades désormais aveugles et cyniques. Ne se perçoivent plus qu’ombres floues et cristaux liquides. En cette lutte pour gagner cœurs et esprits, à la fois les pouvoirs se concentrent et les forces se dispersent. Les désirs s’affirment mais les volontés fléchissent. Les lois s’endurcissent quoique les mœurs se dérèglent. Le savoir se raréfie, pourtant les connaissances se multiplient.

En tant que gardiens des mentalités, professionnels de l’esprit et du divertissement répriment les hérésies, asservissent les insoumis, contrôlent rebelles et insurgés. Des stratégies s’appliquent. On dissuade, persuade, séduit, inspire sentiments, pensées, comportements. Une bureaucratie omniprésente gère et normalise les masses, les déshumanise, de procédés informatiques en contrôles sécuritaires.

Dans une collective détresse, mutants et surhommes rêvent… de bonheur, de liberté, de pouvoir, d’argent. Victimes des modes sur-tatoués, barbus sur-dimensionnés et autres sur-humains aux oreilles élastiques côtoient ex-soldats virtuoses, guérilleros de la rue et buveurs gargantuesques. Par leurs blessures trop visibles ces souffre-douleurs serviront de bouc-émissaires aux agressions du système.

Le Sampridivickh s’en réchappe à peine :

« Mes yeux s’effacent, ma peau se déplace, j’en perds la face. Heureusement, le ridicule ne tue pas : je brille d’innombrables couleurs.

Par bonheur j’arrive encore à m’exprimer. Par le magnétisme sonique de mes cheveux en soie de porc se transmettent d’importants messages. Et dans le silence, à tous azimuts se prononcent les mots éclair…

On m’injurie, me dénigre, me calomnie : je provoquerais malheur, maladie et mort. Sacrificateur de porcs, mes adversaires me désignent en traître. Mis en quarantaine depuis des siècles, je maudis mon éternelle nuit. Proscrit, aujourd’hui, le moindre signe de vie me réconforte. Mon corps en flamboie de noirceur. Tel une éclipse, lumières et couleurs jaillissent de mes rides et lésions. Et mon sourire brille de mille feux. Mon regard réflète la lune. Je porte le venin des serpents mystiques. J’en immobilise mes rares interlocuteurs. D’une force d’intellect sans égale, je défends jalousement un savoir intemporel, difficilement obtenu, d’indéniables pouvoirs.

Je déclare vouloir continuer de me battre, avec mes propres armes.
Et lorsque je franchirai le pont céleste, les traces de mes combats rappelleront mon sacrifice…
jusque dans les ruines de nos civilisations déchues. »

Vampridisikh