Ils ne figurent sur aucune liste. Vos amis ne les écoutent pas. On ne connait pas ces albums. Mais VOUS saurez peut-être. En dépit de son incontestable nostalgie, la liste ci-dessous , par amour inconditionnel au punk rock, présente 11 petits les chefs-d’oeuvre méconnus d’autres temps. Bonne écoute!

Bodyjar - rimshot1. Bodyjar – Rimshot!
Groupe australien devenu célèbre…. en Australie! On les a connu lors de leurs premières tournées nord-américaines, en première partie des No fun at all et Blink (sans 182 à l’époque). Le groupe avait su plaire par sa contagieuse jovialité sur scène et un savoir-faire musical hors-norme. Rimshot! sonne pop, avec sa production quasi radiophonique. Or l’album contient sa respectable dose d’ingrédients punk voire metal : virtuosité, vitesse, artifices techniques explosifs, arrangements audacieux, mélodies qui collent, punchs marteaux; évidemment, un bon album du début à la fin, même la reprise des Police.

rkl-rags2. Rich kids on LSD – Riches to rags
Groupe méconnu mais indéniables pionniers du punk rock californien, part du mouvement Nardcore et influence première de NOFX, RKL aura implosé de chicanes internes, abus et mauvaises décisions. Riches to rags, sorti en 1995 après la période de gloire du groupe, sonnait peut-être trop metal pour les punk rockers de l’époque. Pourtant, Riches to rags, comme toute la carrière de RKL, ressemble à du NOFX version virtuose old school. Recommandé aux fans de Thrash qui veulent s’initier au punk rock. Trois des membres sont décédés à ce jour. Que la mémoire pour Rich kids on LSD perdure…

blount-trauma3. Blount – Trauma
Ce disque, l’un des premiers de Fearless records avant le virage emocore de l’étiquette, passe encore sous le radar des punk rockers. Trop réaliste pour divertir, trop près des clichés punk rock pour vraiment se démarquer, trop cru pour plaire aux oreilles chastes, qui écoutait Blount et leur album Trauma dans le temps? Ainsi Le groupe floridien aura passé le temps d’une étoile filante, laissant Trauma sur son passage. Et, malgré sa courte durée et sa faible production, ce disque fulgurant ne comporte que de bons moments. Intensité, mélodie, vitesse, sincérité poignante, compositions éternelles, voix rugueuse et convaincue, voici du punk, vrai, senti, pesant. Blount méritait mieux. Fuck le emo!

4. The Almighty Trigger Happy – I shut up when you fuck off
1996, sous-sol de l’église St-Roch, Première partie de Good Riddance, Tilt et Goober patrol. Trigger Happy, dorénavant « The Almighty Trigger Happy », monte sur scène.  Leurs visages aux sourcils froncés, haineux, conceI'll Shut Up When You Fuck Offntrés, nous ignorent. Le chanteur nous provoque, lance à la foule un double finger croisé…. Quossé? Je ne comprendrai que bien plus tard  :  voyez la pochette. Groupe et spectateurs semblent se mépriser. Au cours de la performance, un spectateur vole la casquette du chanteur. Parallèlement la musique suit son cours. J’écoute, regarde… mes oreilles de punk rocker maniaque frissonnent : Je suis en état de choc! Durant trois chansons, ma bouche demeure en suspend. Je regarde autour de moi : personne ne bouge. La salle est en commotion punk rock collective! Nous recevons alors une claque en plein visage et plusieurs, dont moi, ne s’en remettront jamais.
I shut up when you fuck off, comme le titre le dit si bien, clame le tournant offensif du groupe torontois. Avec son punk rock d’une hargne acerbe mais ultra-mélodique, ses pièces assomantes, entraînantes et diversifiées, cet album livre en 22 minutes les clés du punk rock. Court mais touchant, I shut up when you fuck off, c’est un concentré de haine pure, bien dosé avec des touches de mélancolie et d’abnégation. Prescription.

SongsToFanTheFlamesOfDiscontent
5. Refused – Songs to fan the flames of discontent
Vous connaissez sans doute The Shape of punk to come, cette exploration technoïde et expérience finale sur disque de Refused. Mais l’album d’avant, question purement hardcore, mérite au moins autant d’attention. On y retrouve toutes les facettes d’un groupe en feu, confiant, expérimenté et maître de ses moyens. Sans craindre d’exagérer, Songs to fan the flames of discontent, constitue le maillon clé de l’évolution du Hardcore suédois. Dans un éventail de pièces denses, profondes, l’inventivité et l’intelligence de Refused marque l’esprit. Ça pourrait même changer votre vie! Peut-être pas un chef-d’oeuvre historique, mais un vrai bon disque, sans date d’expiration.

Toydolls-FatBob'sfeet6. Toy dolls – Fat Bob’s feet
En 1992, le gars qui me prêtait sa cassette avec Toy dolls sur le côté B (How to clean everything sur le côté A) m’avait interdit de recopier l’album (pourquoi encore?) C’était trop bon pour suivre son ordre. Je me suis empressé de le faire! Or pour éviter que ça ne se sache, durant des années j’ai écouté ce disque dans le secret de ma chambre, loin des ragots ignorants et des effets de mode. Des années plus tard, le format mp3 me donnait enfin la chance de réécouter, sans cachoterie, les Toy dolls (la discographie) et l’excellent Fat Bob’s feet. Comment décrire Toy dolls? Voix de lilliputien, solos de guitare rock’n’roll et virtuoses, hymnes oï et mélodies ridiculement accrocheuses. Iconoclastes prolifiques, les Toy dolls s’adressent aux punks, mais encore aux audiophiles capables d’humour musical. Fat Bob’s feet n’est pas exactement le plus célèbre de leur vaste discographie, mais c’est personnellement mon préféré. Populaires en Europe et au Japon, je souhaite avoir un jour la chance de les voir en vie.

Jughead's_Revenge_-_Elimination7. Jughead’s revenge – Elimination  
Avant de prendre son virage comme-des-millions-de-bands punk rock, Jughead’s revenge se cherchait quelque peu musicalement. L’album Elimination, avec son mélange de metal hardcore mélodique punk, livre un témoignage direct de cette quête d’identité musicale. Les accents métalliques, assez subtils pour ne pas détourner le puriste punk, étoffent les compositions d’Elimination. 2e album officiel du groupe, Jughead’s revenge parvient ici, de mieux en mieux, à équilibrer ses influences. De ce fait, Elimination aura impressionné les critiques autant que les connaisseurs, sans même effleurer l’attention du grand public. Peut-être connaissez-vous les albums ultérieurs de Jughead (devenu plus tard Jugg’s revenge) mais Elimination, lui, s’écarte de la formule typique du punk rock 90′. Mais les I show the world et The message , Voilà pourquoi c’est possiblement le meilleur album du groupe, même si peu de gens le connaissent.

BDC-cdtype8. Big Drill Car – CD/Tape type thing
Fallait un album de Big Drill Car sur cette liste. J’ai choisi le premier de leur courte discographie. Big Drill Car s’exécutait à la fin des années 80/début 90, jouant un punk/metal/pop un peu trop en avance sur son temps. Trop brillant pour la moyenne des ours, trop profond pour l’auditeur de party, trop rapide et distordu pour tourner à la radio, Big drill Car figure parmi les meilleurs oubliés du punk. CD/Tape type thing n’est ni un classique ni un objet de culte, mais sans équivoque l’ouvrage de brillants musiciens.

choke9. Choke – [foreword]
Choke, groupe punk progressif abstrait expérimental canadien évite tous les sentiers, batttus ou non. 3e album du groupe, [foreword] déroute avec ses pièces frénétiques, sa faculé d’émousser les oreilles fraîches et naïves, ses riffs démentiels, ses compos architecturales, sa technicité et sa volée d’artifices sonores. L’écoute de Choke éprouvera le mélomane en vous. Oubliez les formalités et conventions du punk rock. Avec [foreword], exercez votre mémoire et appropriez-vous les sonorités d’un album corsé, sorte de mixtures de rock, polyrythmes et improbables accords jazz.  Mais, avez-vous déjà transpiré des oreilles? Attention : cette sueur étouffe. Choke!

Descendents_-_Enjoy!10. Descendents – Enjoy!
Bon, je le sais, Descendents. Tous les connaissent : groupe légendaire fondateur du pop-punk, responsables d’un des chefs d’oeuvre inconstestés du punk (Milo goes to college), retour glorieux avec Everyting sucks (sorti en 1996), blabla.. Or les vrais fans du groupe connaissent le savoureux Enjoy! sorti dans l’ombre du metal en 1986. Encore aujourd’hui, les fans et critiques ne savent trop comment prendre ce disque où déferlent les pets de Bill Stevenson (batteur et principal compositeur du groupe) et les cris de rage quasi-metal du chanteur Milo (sur l’excellente Hurtin’ Crue et la très longue Orgo 51). Or Enjoy! regorge de bonbons plus digestes : une reprise des Beach Boys, des chansons suaves, des pièces pop plus proches des Beatles que d’Exploited. C’est également un album emblématique de l’histoire en dents de scie du groupe. Si vous aimez Descendent, vous aimerez ce disque à la couverture mémorable. Sinon, Enjoy! pourrait vous convertir. Ce fut mon cas.

Ten_foot_pole_swill11. Ten foot pole – Swill
Avec son lot de chansons d’un éclectisme sans pareil, Swill s’impose comme une rareté phénoménale dans l’univers punk rock. Ça sonne tout autrement que Rev (l’album d’après) qui, bien qu’excellent, demeure plus proche de la formule typique. Scratchs, guitare accoustiques, rythmes funk, longs solos, structures longues, chansons courtes, cet album est tout sauf ennuyeux. Prenez un risque, rafraîchissez vos gosiers, à grands traits, buvez de ce Swill. À noter : participation de Joey Cape (Lag Wagon) sur la reprise de Joy to the world.

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