houlalaAhh les cassettes! les étuis qui se démanchent, les trous denteAulés, les rubans d’une longueur éternelle! Enfant, j’en possédais des dizaines dites « vierges ».. J’y copiais ce qui me tombait sous la main : les vynils de ma mère, les cassettes des amis, la radio. Quand j’avais un peu d’argent, j’achetais des cassettes « originales ». Sans vis apparente, avec remparts à textures granulées et vitrines graduées, « nobles » je les considérais tel des trésors; Encore je les conserve avec soin, bien à l’abri dans une valise spéciale…

L’étrange cassette du grand frère d’un ami, une « originale » toute blanche, avec le nom des chansons écrit en bleu, marquerait donc l’orée de mon adolescence. La couverture et la pochette, avec cadre rose et dessin naïf de keupons enjoués, son intérieur plein de vieilles photos et coupures de journaux et dessins loufoques et autres étranges phrases du genre « les puces donnent des boutons » me fascineraient pour longtemps. Pas surprenant, je découvrais alors une véritable relique punk. , Alors uniquement trouvables à Montréal au Dutchy’s ou à L’Oblique, je me procurerais peu à peu les albums du groupe, j’écouterais et réécouterais à profusion.

Quelques vingt-cinq années plus tard, les quatre premiers albums de Ludwig von 88 (LV88) trônent au sommet de mon panthéon mythiques des meilleures musiques jamais créées! Non seulement leurs conneries me font encore rire aux éclats, mais je réalise en écrivant ceci qu’elles influencent toujours ma vision des choses, mon regard sur la vie, les sociétés, le monde…

Mais qui sont les Ludwig von 88? L’un des plus célèbres groupe du mouvement alternatif des années 80. Archétype du punk rock français, on y trouve un complément humoristique aux Béruriers noirs. Comme ces derniers, seules des boîtes à rythmes produisent le son percussif des Ludwig. Avec son grand frère Bérurier, LV88 s’est d’abord produit dans les squats de Paris, nombreux à l’époque. Festives, leurs performances théatrâles, reprises de chansons loufoques, déguisements et délires gargantuesques renderaient bien vite les shows de LV88 légendaires.

Le groupe transposera sa personnalité de la scène aux albums. Ces airs de moqueurs inoffensifs mais corrosifs, ces phrases de cyniques ironiques d’une saveur toutefois candide et dérisoire, conservent, quelques 30 années plus tard, une rare fraîcheur. On y entend encore le plaisir, le délire, et la franche rigolade de jeunes punks qui s’amusent sans prétention. Dans le monde souvent très fier de la musique, l’humour s’avère rarissime.. Or LV88 s’y donne à fond, se fouttant sans merci, de la gueule des sérieux, des sportifs, des rock stars, des policiers et même… des punk eux-mêmes! Pour écouter ça, faut vraiment pas se prendre au sérieux.

Sûrement, les gars de Ludwig n’auront pas cherché midi à quatorze heures pour produire leurs petits chefs-d’oeuvre. Se guidant par leurs seuls goûts, d’explorations en expérimentations créeraient-ils les plus fins nectars de l’absurdité musicale. À croire que ces quasi-homonymes de Beethoven détenaient la recette secrète de la musicalité heureuse… Parfois d’actualité mais rarement sérieux, les thèmes et paroles du groupe dépeignent à merveille l’aliénation, l’anormal, et le bizarroïde. Toujours décalés, leur univers lunatique, fantaisiste, à la limite du kitsch et du ridicule, dissimule toutefois une réelle conscience politique, à divers degrés. Grand n’importe quoi de l’exception, ce ramassis halluciné propose un regard loufoque sur le monde, où monstres marrants et chevalilers manants reconquièrent leur juste place.

Amateurs de punk ou de chanson française, chercheurs de fêlures mentales, asociaux, décalés, mésadaptés et autres esprits insensés, vous DEVEZ connaître LV88. Leurs albums s’incrusteront en vos cellules cérébrales et deviendront bien vite des compsantes essentielles de votre intelligence!

PS : En show au Rockfest!!!

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