1. Préconception : tracé aléatoire

À l’origine de chaque effigie, deux matières se rencontrent. Le crayon s’enfonce dans la fibre, l’encre se déverse pour se répandre entre les mailles du papier jusqu’à ce que naisse le point. Sur la feuille toute blanche prolifèrent bientôt lignes et textures. Formes, taches, nuées et poussières alors s’entrecroisent, se hachent, se coupent et se tordent, se répètent pour jaillir en mers de plomb et d’encre. Là où le néant règne, des lumières prennent chair. Surgit enfin l’embryon d’un nouvel être « vivant », premières cellules d’un authentique Daemondala.

Durant la phase de préconception, seule l’intuition formelle et plastique dirige l’acte. Une mémoire musculaire précise, établie par des années à répéter le même mouvement de poignet, a consolidé le geste initial.Par un procédé semblable à l’écriture automatique, cette étape établit le squelette de l’oeuvre et dresse un premier plan vers sa version finale.

Le barbeau obtenu comporte déjà, à ce stade, un éventail complet de données psychiques, mentales et émotionnelles. Chaque ligne renferme ses tensions nerveuses, pressions sociales, désirs de fuite, interférences contextuelles, peurs, indifférences, silences, joies, états de conscience altérés, jouissances des sens, souffles, angoisses, déchainements et plein d’autres sublimes et innommables torpeurs. Multipliée par quatre dans l’espace d’un cercle, cette charge sentimentale remontée en “mandala” crée le canevas de base de l’oeuvre. Un rituel s’installe.

Le coin de page, avec son amalgame de traits, est assemblé par juxtaposition de réflexions et symétries. La répétition de traits et formes procurent une composition centrale, parfaite, ordonnée, imposante. L’importance de chaque point, chaque trait, chaque forme, multipliée par quatre, prend désormais une ampleur insoupçonnée. Mais encore…

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