Destruction - Spiritual Genocide Forte de ses 30 ans d’existence, la légende du thrash allemand revient en force avec son douzième album officiel. Il faut dire que la machine Destruction roule à plein gaz : depuis leur renaissance en l’an 2000, le groupe a publié pas moins de 8 albums, 2 albums live et un DVD !

Aujourd’hui, Destruction livre avec assiduïté une recette punitive et évidente, mais relevée :
– Copier un The Antichrist proche de la perfection;
– Aiguiser de nouveaux riffs tranchants à souhait;
– Pilonner en rythmes effrénés et foudroyants;
– Servir accompagné de sang, de douilles usées et de têtes de porc fraîchement décapitées.

Et voilà ! Après cuisson rapide, vous obtenez un nouvel album de Destruction tout ce qu’il y a de plus savoureux ! Sans dévier de ses racines, sans variété d’album en album, le trio infernal poursuit sa tradition dans les règles de l’art, avec juste assez d’inventivité pour garder en mains sûres les bastions du fort Thrash.

Sous le collimateur de Spiritual Genocide, le boucher fou est maintenant présenté comme Jésus (avec un halo et une couronne d’épines). Des caméras de surveillance le guettent tandis qu’une hydre détruit une ville sans nom. Émeutes, billets tachés de sang, dangers imminents, la musique démarre dans le même ton. Après une intro d’ambiance bien tranquille, la pièce Cyanide frappe sans compromis, rapide, violente, agressive à souhait. Quel bon début d’album !

Célèbres pour leur association entre une guitare assassine et une voix d’empalement, l’imprésentable Mike Sifringer et le gigantesque Schmier forment le noyau permanent de Destruction. Or, depuis l’album Day of Reckoning, un batteur de choix les accompagne. Vaaver (Wawrzyniec Dramowicz) et sa plus que déferlante créativité explosent littéralement sur Spiritual Genocide.

À la première écoute de l’album, on pourrait croire que ce Destruction n’apporte rien de nouveau ou d’intéressant. Mais Spiritual Genocide décrit une continuité sans faille, dans un enchaînement de pièces toujours attrayantes et diversifiées. Et comme toujours, les riffs singuliers de Sifringer limaillent par d’astucieuses touches guitaristiques, lignes mélodiques, solos courts et percutants.

Conclusion

Peut-on reprocher à Destruction d’être fidèle à eux-mêmes ? Par la subtilité sonore d’une artillerie musicale toujours aussi lourde, Spiritual Genocide fonctionne par sa juste mesure, où s’amalgament hargne, cohérence et impact direct. Corruption mass-médiatique, contrôles gouvernementaux, observations sur le monde et dédicaces metal… la marchandise a toujours le même bon goût thrash et piquant, même si on en a mangé à satiété. Spiritual Genocide : pain de ce jour offert par Destruction, pour fidèles déjà convertis.

Publié sur Capitale du Metal