Deuxième réflexion, plus approfondie, sur la même application web. Ces mots proviennent de ma phase « lune de miel » : vécue lorsque Facebook me procurait l’illusion d’être réellement connecté à mes « amis ».  Naïf que j’étais ….

Nous avons tous besoin de savoir que des gens pensent à nous. Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie… selon le ratio de présence humaine qui occupe nos existences quotidiennes. Toutefois, ce même besoin peut prendre des proportions variables. Je n’oserais affirmer que la solitude encourage l’usage de Facebook, mais l’outil comble, à coup sûr, un besoin de proximité. Qu’une communauté de gens sache en un instant ton « statut » présent, tes goûts, ce que tu aimes, ce que tu n’aimes pas, rapproche d’une façon réelle (et non tout-à-fait virtuelle) les individus participant à ce regroupement.

Évidemment, ce besoin diffère d’une personne à une autre et, justement, la quantité variable de détails que l’on peut offrir à nos « amis » permet d’en faire foi. Nous ne pourrions calculer par de simples additions comparatives la force précise de ce besoin. Par contre, la totalité du temps passé à explorer et mettre à jour des profils, des applications et différents types d’informations, à chercher de nouveaux « amis » et à profiter de fonctions toutes technologiques pour se relier à d’autres donnerait probablement un indice mesurable de cela, même si personne ne connaît cette durée avec précision, ni pour lui, ni pour d’autres. Ainsi, dans cette activité incommensurable, nous disposons d’un outil de choix pour palier à quelques uns de nos besoins les plus profonds, sans que personne ne connaisse avec certitude la teneur de ces manques possiblement constants et naturels.

Nous recréons dans ce contexte un rêve d’une communauté parfaite et pacifique, sans souffrir de la trop grande proximité qu’un tel idéal pourrait promulguer. Tous nous explorons dans l’anonymat, tous nous découvrons sans être découvert.

Voilà comment nous atteignons une toute nouvelle liberté, grandiose et banale à la fois. C’est ce qui crée, selon moi, la fascination envers Facebook: ici nous pouvons nous intéresser et apprécier la présence d’autrui sans souci apparent ou immédiat… à la mesure de nos inassouvissables désirs.

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