Personne ne connaît la faute de Joseph K., personnage principal dans Le procès, pas même le principal intéressé. D’un point de vue personnel, je dirais qu’elle repose dans une certaine prise de position, survenant d’une existence parsemée de trop d’obstacles et d’incompréhensions. Alors survient en l’homme une grave faute, peut-être la plus grave d’entre toutes. Ayant pris conscience de sa propre existence, l’individu commet l’erreur de la remettre en question. Or peut-on attribuer de coupable ou d’innocent le responsable d’une telle faute?

Dans Le procès, un éternel remaniement de circonstances saisit l’accusé et le pousse à reconsidérer son existence sous un angle nouveau, par la lumière ténue d’une accusation inconnue.

Bien que nous parcourions les esquisses textuelles d’un auteur tourmenté, on a fait de ces lignes un chef-d’œuvre, non sans raison. Ouvertes à l’interprétation,  ces respirations, chargées d’oxygène à l’inspir et porteuses de carbone à l’expir polluent sans doute la pensée de celui qui les appréhende.

Non destiné à la publication, ce roman n’a pas été terminé du vivant de Kafka. Cependant, son manuscrit fut recueilli par son ami et exécuteur testamentaire, Max Brod.

Sous un angle plus concret, Kafka traite non sans considération absurdes et observations empiriques les thèmes de la bureaucratie et de la loi, ceci à travers des personnages humainement médiocres (ou médiocrement humains). On reconnaît une grande qualité à l’auteur, celle de savoir juxtaposer différents aspects de la nature humaine sous le couvert d’un récit sombre, gris (foncé) et énigmatique. Le travail, l’administration, la justice, le flirt, l’affection, la consomption, le froid relationnel s’y enchevêtrent avec art et intrigantes volutes textuelles.

Un classique…. à lire, relire et analyser.

Leave Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *

clear formSubmit