Empire_of_the_Undead_Album_CoverDepuis quelques années, Gamma Ray me confronte à un sordide déchirement : celui du fan-mélomane décu. Constatant la stagnation du groupe, je vois d’album en album la qualité et l’originalité de l’oeuvre s’amoindrir. L’album précédent – To the metal – lançait en ce sens un signal d’alarme éloquent. Autrefois valeur sûre du power metal, est-ce que Gamma ray serait à train de devenir caricature de lui-même? Productivité oblige, le piège commercial de la formule gagnante répétée à l’excès guette tous les artistes professionnels. Or ces vénérables doyens du metal me contraindront-ils encore à réentendre mièvres clichés hard rock, récupération de clichés musicaux, copies collages de mélodies usées à la corde et autres calques de bons vieux classiques genre Land of the free? D’emblée, je vends le punch : oui!

Mais les géants ne disparaissent pas comme ça! Gamma ray vit! En dépit de ses vingt-cinq ans bien sonnés, de sa routine un peu trop confortable, le groupe phare du power metal respire la grande forme! Du sang neuf compose les rangs du groupe : Michael Ehré remplace Dan Zimmermann et opère sur la batterie avec inventivité restreinte et technique sans faille. Rien de surprenant de ce côté. Encore Dirk Schlächter, Henjo richter et Kai Hansen forment le noyau solide de Gamma Ray. Encore, la voix nette et nasillarde de M. Hansen retentit bien distincte au dessus du mix. Encore, Richter joue le rôle du guitariste virtuose d’arrière-plan, complément sûr et valable des prosodies solistiques de Mr Hansen. Schlächter, bassiste compétent, performe avec la même majestueuse simplicité. Vous l’aurez compris, la production de Empire of the Undead repose sur de solides fondations. On se plaira à redécouvrir la justesse de jeu de ces musiciens d’expérience. Les hymnes convenus de ce power allemand traditionnel sauront d’ailleurs plaire aux fans indulgents autant qu’aux néophytes. Et après quelques écoutes, on percevra l’agréable diversité de cet amalgame métal qu’est l’album Empire of the Undead: rappels assumés à Judas Priest, morceaux complexes et simples, équilibre entre vitesse et lenteur, ballades poignantes, rock pesants, attaques thrash, quelques étrangetés, science-fiction et métaphores fantastique…tout y est! Sans véritable innovation, Empire of the Undead ne passera donc pas à l’histoire. Toutefois, grâce à la rigueur et l’expertise des musiciens, l’album s’instillera goutte à goutte dans l’oreille de l’auditeur. On passera les ratages… des énièmes réécritures de Eagle fly free aux refrains accrocheurs un peu trop fromagés. Attardons-nous à ce que Gamma Ray SAIT faire de mieux : livrer la marchandise, avec classe et sans prétention. En définitive, Empire of the Undead s’entend comme une collection de recettes power metal marqué d’un sceau de qualité triple A. L’ouvrage est convenu, amusant et inégal certes mais… ça fait le job!

Paru sur Capitale du Metal : http://www.capitaledumetal.com/cdm/site/fr/accueil/review_gamma_ray_empire_of_the_undead

À conseiller aux fans compréhensifs et nouveaux convertis métal qui, dans leur naïveté d’auditeurs aux oreilles grandes ouvertes, sauront apprécier en toute simplicité la bonne musique des maîtres-fondateurs du genre.

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