Jamais n’aie-je lu de roman aussi proche de mes propres complaintes. Celles-ci demeurent toutefois secrètes, cachées en une boîte enfouie au fin fond d’un garde-robe…

Premier roman de Goethe, Les souffrances du jeune Werther a rapporté à son auteur gloire et postérité. En une fin de 18e siècle mouvementée, le chef d’oeuvre a provoqué une épidémie de suicides et amorcé le courant du romantisme. C’est peu dire… Werther a autant influencé Victor Hugo que Beethoven. J’ai moi-même été frappé de plein fouet par ce texte présenté de façon épistolaire. Le ton personnel ainsi dégagé renforce le côté sublime, naïf et hyper-sensible des propos du narrateur héro.

Goethe, par son Werther, nous accable d’un esprit noyé en une passion néfaste, plus que dramatique, rongeant le héro jusqu’à le propulser vers un irrévocable suicide. Par l’entremise de sa correspondance, le lecteur partagera d’abord l’entousiasme d’un homme jeune, noble, instruit, que tout réussit. D’épisode en épisode, par la mise en valeur d’une sensibilité presque maladive, les épanchements de Werther pour une impossible conquête accableront bientôt le récit. Par la progression des sentiments, savamment orchestrée par l’auteur,  les peurs et désirs du jeune éprouvé seront émancipés et entretenus, pour finalement hanter l’amoureux pathétique vers sa propre mort.

Cette lecture me donne une formule …
Sous une forme altérée, pour ne pas dire romancée, des milliers de pages attendraient d’être lues, encore. Ce court roman m’aura donc allumé puis ébloui, tel une étincelle déclenche un feu de forêt.

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