Ainsi commence la carrière d’un éminent académicien.
L’araigne, roman ayant valu à son auteur le prix Goncourt de 1938, témoigne d’une grave violence morale, engendrée par l’angoisse et la crainte d’être abandonné de tous.
Après la disparition de sa mère,  un triste et sordide jeune homme nommé Gérard tente de saboter les mariages successifs de ses trois soeurs.
De ses entreprises avortées émane une perfide amertume,  un vide de l’âme furieux,  résultat d’un comportement désemparé, et d’une grave aigreur mentale.

Au coeur de sa réalité aux accents parisiens,  ce jeune adulte instaure à travers sorties, relations et flirts une mare de suppositions conservant le mensonge et les magouilles sentimentales. Tout au long du roman, l’écho de ces relents passionnels – noircis par le dépit – plane en d’obscurs et vides corridors solitaires. D’un appartement désert suitant le tabac noir et le bois vieilli, ce prétentieux manipulateur pratiquera la victimisation dans toute sa splendeur et tentera de cerner ainsi ses soeurs et beaux-frères dans une toile empoisonnée de faussetés. Le récit est conclu par un faux suicide manqué; autrement dit, Gérard meurt d’une de ses propres manoeuvres manipulatrices…

Ce roman renferme de nombreuses réflexions sur la solitude, la haine, jointe au désespoir et sur la méchanceté qui peut en émerger.

Bien écrit, court, efficace dans sa forme textuelle, L’araigne exemplifie une parfaite « syntaxe du récit » : développement et articulation des enchaînements narratifs amèment des transitions sans heurts, menant le lecteur sans l’avertir au coeur d’inavouables proclamations.

L’autobiographie de l’auteur révélait que Troyat gardait une distance face à ses personnages.  Mais la question demeure…. comment ce Russe naturalisé Français a-t-il pu dépeindre de tels sentiments autrement qu’en les ressentant lui-même?

Peut-être la réponse se cache dans un autre de ses livres…
À suivre?

 

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