Demian raconte l’histoire de la jeunesse d’Emile Sinclair : un être sensible mais ouvert à la décadence, à la réflexion et à des questionnements existentiels tenaces. À l’aube de la première guerre mondiale et des plus grands bouleversements qu’ont connues les nations européennes, le récit de Demian dessine deux lignes parallèles : une existence en soubresauts, aux côtés d’un monde cruel emplis de dures et incontournables réalités.

Demian raconte l’influence d’une  personnalité forte sur une autre personne en l’amenant à un questionnent sur elle-même. On y estompe savamment la ligne entre les notions de bien et de mal. En regard des aléas que traverse le personnage principal de Demian, ses anciennes conceptions de la réalité perdent bientôt toute signification .

Demian, comme tous les écrits d’Hermann Hesse, enchante avec subtilité. Par ses portraits hyper réalistes, bien qu’illustrés en des passés désormais lointains, le récit demeure d’une rare et étonnante actualité. Car qui n’a pas traversé en actes les limites de sa propre conception du mal? Qui, adulte, n’a pas déjà  brisé l’oeuf de sa propre gestation?  Existe toujours la possibilité de vivre en mort-né, en éternel incubé, inerte, auprès des omelettes.  Aurions-nous peur du changement?

Demian synthétise tout ça et rappelle ainsi, de façon sublime, le cours des existences; avec leurs aléas, dérives et incessants changements.
Bien qu’excellent, ce roman n’est pas mon préféré de l’auteur. Toutefois, Demian demeure l’un de ses écrits les plus accessibles.

4/5 ?

Leave Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *

clear formSubmit