L’un des premiers romans de Hesse, la prémisse initiale de Gertrude me semblait prometteuse : un musicien compositeur infirme (il boite) s’éprend d’une chanteuse qui lui restera à jamais inaccessible. Or, surtout à cause de la grave  résignation du personnage principal, l’auteur a tué dans l’oeuf ce qui donne la raison d’être de tout bon roman : le romantisme. Les personnages, par leur réalisme d’un ordinaire accablant, rendent un récit plat, qui perd dès les premières pages une grande partie de son intérêt. Ce n’est jamais agréable que de rester sur sa faim.

J’exagère. Si ça n’avait été d’Hermann Hesse, j’aurais quand même bien apprécié Gertrude. Mais ô combien m’attendais-je à plus! réflexions absentes, mots manqués, idées mitigées…je cherchais un éclaircissement tel que me les offre habituellement l’auteur. J’espérais contempler les détails et l’analyse d’une passion autant destructrice que réconfortante, sous l’oeil sage et clair d’un habile jongleur de mots. Je souhaitais plonger en des abysses intérieurs résorbés en rêve… mais je n’ai trouvé qu’un banal récit prétendument adulte.
Gertude : roman raté sans magie. À lire pour connaître toute l’oeuvre de l’auteur (uniquement).

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