Nouveau jalon dans ma quête pour lire tout Hermann Hesse.
Ce livre, étalé sur quelques 115 pages, a été écrit en guise de  préparation au roman Le jeu de perle et de verre.

Le voyage en Orient désigne un cercle d’initiés. Composé de gens épris d’une réalité cachée, d’une magie inhérente à l’existence même, ce « voyage » fonde un insaisissable cortège. Pèlerins de l’imaginaire et aventuriers de l’abstrait y poursuivent une quête autant personnelle qu’universelle. Sans chef, ni prosélyte, cerner de façon concrète la nature de cette « organisation » relève de l’impossible. Voué à atteindre l’objet de sa propre quête – dans son cas, voir de ses yeux la princesse Fattma – Hesse nous conduit à nouveau vers un espace intemporel, définit cette fois par l’entremise d’un projet abstrait, dont le mystère nous révèle une grandeur cachée. S’y reconnaîtront peut-être des millions de chercheurs qui, hors des religions et des sectes, cheminent tant bien que mal vers une lumière située au delà d’impossibles rêves…

Ce voyage impose d’énormes difficultés : beaucoup l’abandonnent, d’autres le perdent de vue et peu le poursuivent sans relâche…
Le narrateur lui-même, submergé d’une passion devenue maladive, s’expulsera à son tour du projet. Toutefois, après des décennies de regrets et de perdition, le désavoué sera admis à réintégrer la procession mystique. Or pour y arriver, l’homme déchu devra subir un étrange procès, où on le rendra coupable d’avoir négligé son ultime ambition.
Sa sentence : contempler son propre ego fondre au profit d’un être supérieur, le chef suprême du Voyage en Orient.

Cette esquisse de roman surpasse, par ses qualités philosophiques et aspirations spirituelles, la plupart des romans que j’ai lus.
Ce livre renferme un jus de pur sagesse, dont l’extraction mérite lenteur et attention… À lire plusieurs fois !

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