Rosshalde semble le plus accessible des romans de Hesse. Le format classique de l’intrigue et ses thèmes terre-à-terre (couple, famille, amitié) en font foi.

Le récit de Rosshalde repose sur le conflit d’un couple né d’un manque de mots, d’une communication abâtardie. Leur relation a pris un tour néfaste et absurde. Le silence, la distance et l’absence caractérisent le comportement des résidents de Rosshalde, nom du domaine et décor principal du récit. Les principaux protagonistes: Veraguth, un peintre célèbre au sommet de son art; Adèle, sa femme, froide, triste et réservée, ennuyée et ennuyeuse, leur enfant, Pierre, roi d’un univers où toutes les attentions gravitent sur lui.

Pierre donne la dernière raison au couple d’habiter le domaine et, de ce fait, exister. En cet enfant réside aussi la tension du conflit décrit dans Rosshalde. Chacun des parents tentent un contre l’autre de s’approprier l’affection totale et définitive de Pierre. Adèle déjà s’est approprié l’affection exclusive du fils aîné, Albert. Envoyé au pensionnat pour poursuivre ses études, elle l’a définitivement retourné contre son père.

Rosshalde trouve son apogée lorsque Otto, le meilleur ami du père mari peintre, revient des Indes visiter son pays d’origine. Devant la situation pathétique de Veraguth, l’exilé propose à Veraguth de repartir avec lui en Inde.  L’artiste acceptera de partir en voyage mais devra auparavant se détacher de son ultime bouée affective : son fils, Pierre.

Lorsque Le père se résigne à abandonner sa lutte pour l’enfant, voilà que le petit chéri contracte une méningite. Du coup, l’auteur associe la maladie de Pierre à ses tourments, à son malaise généralisé pour le monde adulte, son incompréhension des attitudes des grands humains, prétendument « matures ». La mort de Pierre concrétise symboliquement le carrefour narratif du roman.. Cet événement tranche toute relation entre les héros du roman.

À traver ça, Rosshalde couvre ces grands sujets.

  • La quête artistique du personnage principal, sa recherche continuelle vers un inatteignable idéal de beauté (thème cher à Hesse)
  • L’abcès d’une souffrance intérieure. Dans Rosshalde on le cisèle et le découpe pour l’extraire.
  • Portraits de relations, amicales, amoureuses et familiales dans leurs aspects invisibles et cruciaux.
Leave Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *

clear formSubmit