Voici un résumé-synthèse du livre du titre. Lu dans sa version anglophone, cet ouvrage gagne a être connu. Son contenu mérite une attention approfondie. L’auteur, Robert L. Moore, est un acteur de premier plan dans les pratiques et l’évolution de la psychanalyse jungienne et occupe un poste de directeur à l’institut de psychanalyse jungienne de l’université de Chicago.

Son ouvrage repose, en gros, sur une hypothèse : nos sociétés et individualités, vues sous l’angle masculin,  plafonnent souvent au stade d’une adolescence non révolue. Or la compréhension et l’étude de quatre grands archétypes – Le roi, le guerrier, le magicien et l’amoureux – permettrait l’émancipation vers la véritable maturité masculine.

Conséquemment, l’auteur passe en revue chacun des quatre grands archétypes, autant dans leurs aspects idéaux que par leurs ombres insuffisantes et excessives. À tour de rôle, le texte identifie et décrit les archétypes, les illustre par des personnages historiques, légendaires ou mythologiques et les mets en relation avec différents aspects de la psyché humaine.

Qu’est-ce qu’un archétype?

Si le cœur vous en dit, consultez la définition et quelques explications détaillées sur le concept.

La notion d’archétype relève de la psychologie analytique de Carl Gustav Jung. L’archétype traduit une structure psychique. On le représente par un « grand personnage », incarnant un thème de la psyché inconsciente universelle (commune à toute culture humaine). L’archétype orienterait la personne vers son individuation et son évolution intérieure. Ce concept, célèbre et profond, a suscité l’écriture de nombreux ouvrages….

La prochaine image s’avérera précieuse pour la compréhension de ce qui suit. Son contenu résume le livre à lui seul. Cliquez sur l’image pour mieux la voir…

Les archétypes enfants
Avant d’atteindre l’état de maturité, l’auteur définit d’abord quatre archétypes garçon (« enfant ») préalables à la maturation.

  • L’enfant divin : qui deviendra le Roi
  • Le héro : qui deviendra le Guerrier
  • L’enfant sage : qui deviendra le Magicien
  • L’enfant Oedipe : qui deviendra l’Amoureux

L’enfant divin
On trouve des exemples d’enfants divins dans les personnages historiques suivant :
Jésus, Zoroastre, Moïse, le prince-enfant Bouddha, le bébé Krishna, Dyonisus enfant. Il est aussi personnifié par le mythe grec d’Orphée.

On accède au véritable archétype (positif) de l’enfant divin par les qualité suivantes : la créativité, le goût de s’amuser, la vitalité, la découverte de son potentiel. Cet archétype correspond au « ça » de la psychologie analytique Freudienne. On le résume par les notions de bien-être, d’enthousiasme, de paix et de joie émanant d’un cœur jeune.

Son côté sombre et excessif, dans ce cas son ennemi, peut être illustré par Hérode, personnage biblique qui voulait tuer l’enfant divin (Jésus). Surnommé le tyran de la chaise-haute, ce bébé refuse toute nourriture et forme d’amour. On le reconnaît par une arrogance aveugle, une fierté hautaine, notion décrite à merveille par le mot d’ancien grec Hubris (arrogance),toujours relié à Nemesis (destruction).

L’autre côté sombre, l’opposé de l’excessif ou insuffisant du même archétype est surnommé prince gringalet.
On le décèlera dans le manque de personnalité, le manque d’enthousiasme et initiative. Il a peu d’amis et s’est convaincu lui-même de son état d’impuissante victime.

L’enfant sage
On trouve l’exemple parfait de l’enfant sage dans une célèbre statuette d’Imhotep (voir ci-contre).
Défini par une intarissable soif d’apprendre mais aussi un désir de partager ses connaissances, cet enfant est un pionnier de l’inconnu, de l’étrange et un explorateur invétéré.

Son côté sombre excessif se retrouve dans le cliché du joe-connaissant arnaqueur. Ce manipulateur réussit à vendre n’importe quoi grâce aux illusions qu’il fait miroiter. Toutefois, l’arnaqueur désenfle les têtes pour empêcher les chutes dues à l’excès d’orgueil; ce joueur de tour empêche l’envie de bloquer la créativité.

Son côté insuffisant est symbolisé par l’épouvantail. Manquant de personnalité, de vigueur et de créativité, c’est un être ennuyeux, monotone et indifférent.

L’enfant Oedipe
Symbole célèbre dans la psychologie freudienne (concurrente à celle de Jung) pour définir les envies sexuelles latentes chez l’individu. Ce type provient du mythe grec du même nom. Or, bien au delà de son acception la plus répandue, on arrivera à saisir la nature de cet archétype par la qualités relatives à la passion, le sens de l’émerveillement et la connexion entre soi, les autres et ce qui nous entoure. Chaleureux, affectueux, il est lié de près à la grande mère divine, d’où naît l’éveil à la spiritualité.

Son côté sombre excessif est célèbre et s’affirme comme fils à maman incestueux, celui-là même qui a tué son père pour marier sa propre mère (sans le savoir) dans le mythe grec. Aussi, le mythe grec d’Adonis, un humain, qui tombe en amour avec Aphrodite (une déesse) symbolise ce type. D’une autre façon, le syndrome de Don Juan (collectionneur de proies sexuelles) ou la pratique de la masturbation compulsive correspondent à ce schéma excessif . On y décèle la peur de l’engagement et le refus de prendre responsabilité dans une union.

Son côté insuffisant se retrouve chez le rêveur, qui s’isole des relations humaines pour les remplacer par les vicissitudes de son imagination. Cherchant dans le désespoir la grande mère divine, son influence conduit l’individu à la dépression.

Le héros
Le dernier des archétypes des garçons représente la forme la plus avancée de psychologie enfantine. Le héros ne connaît pas ses limites et limitations. Le héros nie la mort. C’est un être courageux, loyal et dévoué à une cause.

Son visage excessif : la brute! qui désire impressionner, qui proclame à haut cris sa supériorité et sa domination. Ce solitaire aime prendre des risques inutiles. La brute a un sens exagéré de sa propre importance et de ses habiletés.

Son aspect insuffisant : Le peureux. Évite les combats et permet aux autres (surtout à la brute) de le maltraiter. Son manque de motivation l’empêche de se créer une vie significative.

Ultimement, Le héro libère le garçon de l’inconscient féminin inculqué par la mère et établit l’identité de l’individu comme homme véritable.

Pour atteindre sa maturité et passer au stade du guerrier, le héros doit développer une réelle humilité et connaître ses propres limitations. Ainsi cherchera-t-il de l’aide au besoin. Les meilleures qualités du héros se transposeront dans l’archétype du guerrier, son équivalent mature.

À suivre…
Tout ça n’est qu’une introduction. Le prochain article se penchera sur les « vrais » archétypes de la maturité masculine selon l’auteur.

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