Les Mille et Une Nuits, désormais incontournables de la littérature mondiale, symbolisent presque à eux seuls la vision fantasmatique des occidentaux sur le monde arabe. Traduits et retranscris au 18e siècle par Antoine Galland, ambassadeur français érudit de la culture moyen-orientale, ces contes garnis de mythes, d’opulence, d’êtres magiques et de volupté n’existaient souvent, auparavant, que par transmission orale ou disséminés dans les bazars des cités du désert…

L’histoire de départ  est aussi célèbre que le recueil: Sheherazade repousse l’injuste condamnation à mort d’un roi tyrannique en lui racontant, nuit après nuit, des histoires exceptionnelles et envoûtantes. Le récit s’enchaîne dès lors en des multiples emboîtements. De cette formule en poupée « russe »  fleurissent un inestimable dédale de contes, où par les détails rocambolesques s’érigent le mystique et le légendaire : voyages, génies, fées, métamorphoses et sorts véhiculent une sagesse hypnotique, fascinante, en partie responsable de l’attrait des Mille et Une Nuits.

Or les contes du célèbre recueil comportent aussi bien des aspects réalistes. Comme plusieurs contes s’adressaient aux gouverneurs et princes, la royauté, le pouvoir et le luxe fonde le thème central du recueil. À grands coups de fantasmes et de riches constructions, la valeur de la vertu dans l’exercice du pouvoir y est enseignée, tel des leçons d’un temps révolus. Surtout, Les Mille et Une Nuits tentent entre les lignes de révéler les lois non-écrites des relations humaines, sociales et amoureuses. On y initie aux indiscernables mystères de l’envoûtement et de la séduction; on avertit sur les conséquences du désir de possession dans ses multiples formes, on présente les écueils de la légèreté et des actes inconséquents.

Cependant, cette traduction des Mille et Une Nuits ne se lit pas sans difficulté. L’ouvrage de Galland, d’un style lourd et ampoulé par un français vieilli plein de subjonctifs antérieurs et de passés simples étriqués, irritera le lecteur d’aujourd’hui. Or évidemment, le jeu en vaut la chandelle. Comme tous les recueils de contes puisés dans les innombrables traditions culturelles de la planète, Les Mille et Une Nuits témoignent d’une sagesse, d’un art et d’un univers autant diversifiés qu’éblouissants.

À lire au moment de découvrir les grands mystères humains…

Article wiki

Contemplez aussi ces contes en musique! avec la sublime suite symphonique de Rimsky-Korsakov intitulée Sheherazade (opus 35).
Article wiki sur Sheherazade de Rimsky-Korsakov

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