Très petit bouquin (une centaine de pages édité en gros gros caractères) écrit par l’auteur de Le Parfum. Ce texte prend la forme d’un monologue, clamé par un contrebassiste professionnel. En brouille avec son propre instrument de musique, la complainte du narrateur principal glisse d’un simple apitoiement professionnel jusqu’en de pathétiques gémissements existentiels. Pauvre mec hanté de dépit et de tares relationnelles, l’artiste fait le parallèle entre sa contrebasse et ses déboires affectifs.

Déjections verbales en crescendo d’une drôlerie certaine, ces propos ressemblent à un puits sans fond, dans lequel la victime dégringole à jamais. Pris dans la ronde de ses rêves et illusions, ceux-ci deviennent son monde, sa folie, la seule mélodie d’une existence pathétique.

Dans ce texte, Suskïnd pratique un exercice quelque peu philosophique. À savoir : jusqu’à quel point peut-on mettre la faute sur un objet extérieur pour justifier ses propres déboires?

Bon petit livre pour ceux qui ont souvent mal au coeur ET jouent d’un instrument de musique.

1 Comment
  1. Christian

    Ça a l’air excellent! Je pense que je vais me le procurer!

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