Consultons d’abord la définition de ce mot inusité.
Simulacre : désigne une apparence qui ne renvoie à aucune réalité sous-jacente, et prétend valoir pour cette réalité elle-même. (wikipedia)

Continuons le portrait pour rendre plus limpide ce formidable mot :
Et si… votre monde n’était qu’illusion? que chacun des points de repères constituant votre réalité personnelle ne s’avérait être que fausseté, qu’aucune réalité ne subsistait derrière toutes vos perceptions?
C’est ce que propose, sous le couvert d’un roman de science-fiction populaire, ce roman désormais illustre. Dans Simulacres, cet axe est poussé au point d’accentuer le trait jusqu’en une sordide caricature futuriste.

Lorsque le prétendu vrai cache le faux; que le mensonge prend les allures du vrai; que le réel cache l’imaginaire; les plus incroyables élucubrations racontent souvent d’indicibles vérités. Dès 1964, un auteur vous dit : regardez, c’est aussi ça notre monde! Observez votre environnement, au delà de ses surfaces brillantes, de ses miroitements hypnotisants…contemplez-y les mêmes marionnettes politiques télévisées, les mêmes spécialistes pseudo-scientifiques truqués, les mêmes stratégies de propagande à peine camouflées. Désormais, donnez sens à tout, même au plus infime des courants d’air.

Simulacres dépeint un ensemble de destinées mises en parallèles, dont les trajectoires seront progressivement réunies pour éliminer – en une fracassante collision – une société totalitaire au peuple envoûté de mirages.

Par son propos et ses grands thèmes, ce roman ressemble bel et bien à Fahreinheit 451. Toutefois, Simulacres suit de plus près les contraintes sous-jacentes à cette spécialisation de la littérature populaire qu’est la science-fiction. Une stricte formule est suivie :
on y convainc d’une improbable crédibilité; pour construire le récit, l’auteur jongle avec l’ambiguïté et l’hermétisme de scènes et images impossibles, implaçable en d’autres contextes. Pourtant, le texte de K. Dick ne comporte aucune réflexion directe, ni envolée philosophique. Simulacres livre une bonne histoire, enlevante, dont l’esthétique post-moderne sert un suspense efficace, mené dans les parfaites règles de l’art…

Réservé aux amateurs de S-F et chercheurs de visions totalitaires.

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