Trouvé dans une activité de familiarisation avec la Chine, de type « marché aux puces ». Une professeure de chinois m’a vanté cet ouvrage comme classique littéraire de son pays d’origine. Traduit à Hong Kong même, je ne pourrais  selon elle dénicher de version plus authentique. Contemplant l’objet, sa reliure mal collée, ses minces pages et sa couverture violet pauvrement décorée (voyez l’image), j’ai soupçonné qu’elle disait vrai. C’est donc surtout le contenu qui justifie une place d’honneur à ce livre dans ma bibliothèque, autant pour la valeur historique de l’œuvre que pour les gravures d’époque qui s’y trouvent.

D’abord transmis par tradition orale puis couchés sur papier vers la fin du 17e siècle par Pu Songling, ces contes reflètent les mœurs en vigueur au début de la dynastie Quing (qui perdura en Chine jusqu’en 1911). Au sein des Contes fantastiques du pavillon des loisirs s’effacent toutes les distinctions entre réalité, bizarre et fantastique. S’y accolent fantômes, lettrés, officiels de la cour, Taoïstes exorcistes, animaux intelligents mais, surtout, de superbes renardes : esprits diaboliques aux scrupules déroutants prenant forme de femmes humaines. Dans la plupart de ces courtes histoires les humains, souvent faibles, indécis et manipulables, succombent aux tentations d’esprit dotés de pouvoirs insoupçonnés. À tout coup, les injustes, mauvais et autres égarés en payeront chèrement le prix. La morale de l’auteur est sans appel, même si dans certains commentaires hors-texte une réflexion s’ajoute à la satire.

Ce sont toutes de très courtes histoires, dont existent maintes adaptations télé et cinéma (chinoises).
Ça plaira aux amateurs de contes, de mythologie, de fantastique mais surtout aux aficionados de la culture traditionnelle chinoise.

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