Les signes d’une éminente révolution parsèment notre champ de vision, à moins de se cacher les yeux,  de refuser de constater les nombreux indices d’une rage autant confuse que généralisée…. Obnubilés, illusionnés, attentions sur-sollicitées, nous demeurons aveuglés, les droits bafoués, sans même en être conscientisés.

Arrive le Cluetrain manifesto.

Publié en 1999, avant l’invasion du web par Google, avant MySpace et Facebook et autre Itunes, le « cluetrain manifesto » suggère une série de 95 thèses en regard de l’utilisation entrepreneuriale d’Internet. Celles-ci m’ont été envoyées dans le cadre de mon travail, par le biais d’un bulletin électronique adressé aux webmestres. L’expéditeur, conseiller stratégique en matière de web, a ainsi – espère-t-on – donné matière à réfléchir à bon nombre de travailleur du gouvernement…

Ces 95 thèses, d’abord diffusées sur un site web « manifeste » par quatre auteurs en tête de grandes entreprises informatiques  (crédibilité!), ont été rééditées et expliquées plus abondamment sous la forme d’un livre. Le présent billet résume mes impressions découlant du livre et de ses chapitres, entièrement lus à l’écran.

Ainsi, la véracité du manifeste me semble incontestable en regard de mon propre vécu du web et du travail, consacré ces dernières années à l’apprentissage technique de l’intégration web mêlé à quelque autre ouvrage d’ordre visuel. Pour subsister en des bureaucraties infestées de méthodes archaïques et d’absurdités provenant d’époques révolues, j’ai dû adopter, sans même y réfléchir ni les nommer, des principes tels que ceux étalés dans le manifeste.  De nombreuses gens et entreprises, de partout dans le monde et de tous les horizons (spatiaux, économiques ou générationnels) auraient vécu semblable évolution (voir le cas Lego).

En gros, le cluetrain manifesto dit: les marchés sont des conversations, qui impliquent, avant tout, des êtres humains. Ceci expliquerait le bouleversement total qu’amène Internet auprès des marchés et organisations, surtout en rapport avec des fonctionnements qui devraient désormais, en ce 21e siècle, être révolus. Le manifeste attaque de front les mensonges et croisements reliés aux notions de masse, de médias, de communication et de relations publiques,  pulvérisant au passage les tendances au « repli sur soi » et au secret des entreprises.

Or, depuis plus d’une décennie, plusieurs éléments visés par la manifeste ont pris de nouvelles formes et semblent désormais inattaquables. D’authentiques et gargantuesques entreprises ont désormais saisi une grande partie du web. Après le crash boursier technologique de 2002, le rêve d’un web « libre » ne prendra plus jamais la même tournure. Et voilà que parallèlement, une nouvelle forme de « liberté » s’est incarnée : par l’utilisation d’outils devenus incontournables et prétendument intelligents. De nouveaux territoires « commerciaux » ont vu le jour. Les pôles « commerce- individu » et « collectivité-collaboration » semblent plus distants l’un de l’autre que jamais. Ainsi, la dernière décennnie a relégué bons nombre d’assertions du manifeste au niveau d’utopies purement idéalistes.

Tout de même, j’ose l’espérer, la position défendue par ces quatres auteurs restera en la mémoire de certains : les responsables de communication, de relations publiques, les directeurs artistiques, et autres agents au service de la transmission adéquate de messages … Les porte-parole d’organisations  sans visage ni humanité devraient prendre le temps de lire ce manifeste et d’y réfléchir…

Puissent-ils y trouver les vertus du silence…

Contemplez, à votre tour, les 95 thèses du cluetrain manifesto.

Leave Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *

clear formSubmit