Chemistry of ConsciousnessParmi les survivants du néo-thrash, anges de la mort, déchets municipaux, sorcières squeletiques et autres meneurs de guerre côtoient résidus toxiques et nucléaires. Du lot, un homme aux cheveux blanchis, hirsutes comme irradiés ressort. Guitare à la main, ceinture de balles sur l’épaule, le musicien enchaîne riffs et hurlement sans s’essoufler, soir après soir, depuis quatorze années d’acharnement. Depuis, à l’occasion de cet enième enregistrement studio, le musicien solitaire – Joel Grind – poursuit son périple post-apocalyptique auprès de deux comparses de calibre : Philthy Gnaast à la basse, Nikki Rage aux percussions.

Invoquant leurs aïeux désormais demi-dieux (ces Discharge, Sodom, Venom, Exodus, D.R.I ou autres Motörhead) le trio – Toxic Holocaust – préserve les restes sombres et carbonisés d’un Thrash primitif, incisif et ténébreux. Par leur conscience metallochimique, cette Chemistry of consciousness, le vent musical de l’holocauste toxique afflue, pur, cru, brutal. En un flot de notes surmultipliées, dans des mélopées distordues à l’extrême, l’approche unidimensionnelle mais convaincante de Grind et ses acolytes détonne… mais assouvit amplement notre appétit de taloches musicales. À cet égard, malgré son côté générique voire coutumier, les pièces de ce disque frappent, sans exception, avec une écrasante efficacité. Même si la pulvérisation n’aura duré que 28 minutes, chaque seconde de ce composé alchimique crache le feu! Encore nos tympans en braises frétillent de la substance toxique de l’holocauste. Les fans rassasiés en entraîneront de nouveaux. Tandis que se conservent comme par miracle les reliques d’un genre sur le qui-vive, le vénéneux substrat du serpent, par la mystérieuse alchimie d’un disque remarquable, palpite encore dans nos veines…

Chemistry of consciouness, conventionnel mais adéquat.
8,5/10